A. Les Lumières, un mouvement intellectuel
- Les Lumières sont un mouvement intellectuel européen du xviiie siècle. Selon le philosophe allemand Kant, les Lumières ont le courage d'oser utiliser la raison sans suivre d'autres autorités. Elles croient au progrès, à la science (doc. 4) et sont un mouvement d'émancipation : la liberté et l'égalité devant la loi sont affirmées tandis que sont dénoncés les privilèges, l'injustice et la torture, par exemple par Voltaire (dossier 1). Montesquieu définit l'existence de trois pouvoirs politiques (législatif, exécutif, judiciaire) dont l'indépendance garantit la liberté de chacun ; Diderot rejette l'autorité de droit divin (dossier 2) et Rousseau voit dans le peuple réuni le vrai souverain (doc. 1).
- Séduits par l'Angleterre, qui devient une monarchie parlementaire, ou par les États-Unis, les philosophes se heurtent aux censures politiques ou religieuses (dossiers 1 et 2), ce qui les oblige à s'exiler temporairement et à imprimer à l'étranger (carte p. 25).
B. La diffusion des idées des Lumières
- Les philosophes reçoivent le soutien de certains hommes de pouvoir, nobles ou souverains. Ils se rendent dans les cours européennes, auprès de despotes éclairés (dossier 1) : les principes des Lumières inspirent une partie des actions de ces princes (doc. 2).
- Les œuvres des Lumières, comme l'Encyclopédie (dossier 2), sont lues à travers toute l'Europe et inspirent des artistes, comme Mozart dans certains opéras.
- Au xviiie siècle, les élites cultivées se retrouvent dans les mêmes lieux pour commenter la presse et échanger des idées (chapitre 5). Ainsi, les lectures publiques se multiplient dans les salons, les académies, les cafés ou les jardins (doc. 3) ; les clubs, cercles de réflexion inspirés du modèle anglais, abritent une vie intellectuelle intense, tandis que la franc-maçonnerie forme de nouveaux réseaux, largement internationaux.
- Ces philosophes et savants sont tous persuadés de faire reculer les ténèbres de l'ignorance et des superstitions.
Les lois sont les expressions de la volonté générale et le souverain ne saurait agir que quand le peuple est rassemblé […] Il ne suffit pas que le peuple assemblé ait une fois fixé la Constitution de l’État. Il ne suffit pas qu’il ait pourvu une fois pour toutes à l’élection de ses représentants. Outre les assemblées extraordinaires que des cas imprévus peuvent exiger, il faut que les assemblées se réunissent périodiquement. Et rien ne doit empêcher ces réunions. Dès l’instant où le peuple est légitimement réuni en assemblée souveraine, il représente les forces de l’État. Alors, la personne du dernier citoyen est aussi inviolable et sacrée que celle des souverains.
D’après Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), Du contrat social, 1762
Anonyme, Catherine ii de Russie tenant le manuscrit de son Nakaz ou Grande Instruction, vers 1770, émail sur cuivre, 15,3 x 13,8 cm (Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg) Photos12.com - Siny Most
François Huot, Lecture du journal par les politiques de la Petite Provence au jardin des Thuilleries, fin du xviiie siècle, dessin aquarellé, 22,5 x 30,5 cm (BnF) BnF
Voltaire, Éléments de la philosophie de Newton, frontispice de l’édition de 1738 (BnF) akg-images / SPL
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Le 15 Octobre 2010
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