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Histoire, Géographie, Éducation civique 4e

Dossier 1

Les femmes dans la Révolution Française

Très actives dès 1789, les femmes participent aux journées révolutionnaires, aux clubs politiques et assistent aux séances de l'Assemblée nationale. Elles sont nombreuses à revendiquer leur statut de « citoyenne » et les mêmes droits que les hommes. Les femmes sont néanmoins rapidement mises à l'écart de la vie politique.

Quelle place les femmes ont-elles dans la Révolution ?

Documents

 

La marche des femmes sur Versailles (5-6 octobre 1789)

Anonyme, La Marche des femmes sur Versailles 5-6 octobre 1789, 1789, gravure (Musée Carnavalet, Paris) RMN / Agence Bulloz

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Un club politique de femmes

Lesueur, Un club patriotique de femmes, 1791, gouache, 36 × 53 cm (Musée Carnavalet, Paris) Photo12 / ARJ

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Les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la Nation, […] considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de la femme sont les seules causes des malheurs publics […] ont résolu d'exposer dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de la femme…

Art. 1. — La femme naît et demeure égale à l'homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune […].

Art. 3. — Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation, qui n'est que la réunion de la femme et de l'homme […].

Art. 6. — La loi doit être l'expression de la volonté générale ; toutes les citoyennes et citoyens doivent concourir personnellement ou par leurs représentants, à sa formation ; elle doit être la même pour tous ; toutes les citoyennes et citoyens, étants égaux à ses yeux, doivent également être admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leurs capacités, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents […].

Art. 10. — Nul ne doit être inquiété pour ses opinions mêmes fondamentales. La femme a le droit de monter sur l'échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la tribune.

Femme, réveille-toi ! […] L'homme esclave a multiplié ses forces, a eu besoin de recourir aux tiennes pour briser ses fers. Devenu libre, il est devenu injuste avec sa compagne.
Ô femmes ! Femmes, quand cesserez-vous d'être aveugles ? Quels sont les avantages que vous avez recueillis dans la Révolution ? Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé.



Olympe de Gouges, (1748-1793) Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne, 1791

{"id":"2084","resType":"text","gutType":"65","title":"Les revendications des femmes","datas":{"content":"<p class=\"documents-doc-courant\">Les m\u00e8res, les filles, les s\u0153urs, repr\u00e9sentantes de la Nation, [&hellip;] consid\u00e9rant que l'ignorance, l'oubli ou le m\u00e9pris des droits de la femme sont les seules causes des malheurs publics [&hellip;] ont r\u00e9solu d'exposer dans une d\u00e9claration solennelle, les droits naturels, inali\u00e9nables et sacr\u00e9s de la femme&hellip;<\/p>\r\n<p class=\"documents-doc-courant\">Art. 1. &mdash; La femme na\u00eet et demeure \u00e9gale \u00e0 l'homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent \u00eatre fond\u00e9es que sur l'utilit\u00e9 commune [&hellip;].<\/p>\r\n<p class=\"documents-doc-courant\">Art. 3. &mdash; Le principe de toute souverainet\u00e9 r\u00e9side essentiellement dans la Nation, qui n'est que la r\u00e9union de la femme et de l'homme [&hellip;].<\/p>\r\n<p class=\"documents-doc-courant\">Art. 6. &mdash; La loi doit \u00eatre l'expression de la volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale ; toutes les citoyennes et citoyens doivent concourir personnellement ou par leurs repr\u00e9sentants, \u00e0 sa formation ; elle doit \u00eatre la m\u00eame pour tous ; toutes les citoyennes et citoyens, \u00e9tants \u00e9gaux \u00e0 ses yeux, doivent \u00e9galement \u00eatre admissibles \u00e0 toutes dignit\u00e9s, places et emplois publics, selon leurs capacit\u00e9s, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents [&hellip;].<\/p>\r\n<p class=\"documents-doc-courant\">Art. 10. &mdash; Nul ne doit \u00eatre inqui\u00e9t\u00e9 pour ses opinions m\u00eames fondamentales. La femme a le droit de monter sur l'\u00e9chafaud ; elle doit avoir \u00e9galement celui de monter \u00e0 la tribune.<\/p>\r\n<p class=\"documents-doc-courant\">Femme, r\u00e9veille-toi ! [&hellip;] L'homme esclave a multipli\u00e9 ses forces, a eu besoin de recourir aux tiennes pour briser ses fers. Devenu libre, il est devenu injuste avec sa compagne. <br \/>&Ocirc; femmes ! Femmes, quand cesserez-vous d'\u00eatre aveugles ? Quels sont les avantages que vous avez recueillis dans la R\u00e9volution ? Un m\u00e9pris plus marqu\u00e9, un d\u00e9dain plus signal\u00e9.<\/p>","title":"","complements":null,"credits":"","credits2":null,"license":null,"source":"","origine":"","caption":"Olympe de Gouges, (1748-1793) <span class=\"g-n-ral-ref\">D&eacute;claration des Droits de la Femme et de la Citoyenne<\/span>, 1791","comments":null},"rubric_order":null}

 

Le 30 octobre 1793, les députés se réunissent pour faire interdire les clubs de femmes. Le député Jean-Pierre-André Amar est le rapporteur du projet de loi, finalement adopté par l'Assemblée Nationale.

Les femmes doivent-elles exercer les droits politiques, et s'immiscer dans les affaires du gouvernement ? Gouverner, c'est régir la chose publique par des lois dont la confection exige des connaissances étendues, une application et un dévouement sans bornes, une impassibilité sévère et l'abnégation de soi-même. […] Les femmes sont-elles susceptibles de ces soins et des qualités qu'ils exigent ? On peut répondre en général que non. […] Les femmes doivent-elles se réunir en association politique ? […] Non, parce qu'elles seraient obligées d'y sacrifier des soins plus importants auxquels la nature les appelle. Les fonctions privées auxquelles sont destinées les femmes par la nature même tiennent à l'ordre général de la société. […] L'homme est fort, robuste, né avec une grande énergie, de l'audace et du courage. […] Les mœurs et la nature même ont assigné [à la femme] ses fonctions : commencer l'éducation des hommes, préparer l'esprit des enfants aux vertus publiques. […] Telles sont leurs fonctions après les soins du ménage. […] Elles peuvent assister aux délibérations des sections, aux discussions des Sociétés populaires ; mais, doivent-elles prendre une part active à des discussions dont la chaleur est incompatible avec la douceur et la modération qui font le charme de leur sexe ? […] Nous croyons donc qu'une femme ne doit pas sortir de la famille pour s'immiscer dans les affaires du gouvernement.

Jean-Pierre André Amar (député), Rapport sur l'interdiction des clubs de femmes, 30 octobre 1793, Archives parlementaires

{"id":"3151","resType":"text","gutType":"65","title":"La place des femmes selon un d\u00e9put\u00e9 \u00e0 la Convention","datas":{"content":"<p class=\"documents-doc-chapeau\">Le 30 octobre 1793, les d\u00e9put\u00e9s se r\u00e9unissent pour faire interdire les <span class=\"vocWord\" data-id=\"2906\" data-orig=\"Y2x1YnM=\" data-alternative=\"\" data-def=\"cmVncm91cGVtZW50IGRlIGNpdG95ZW5zIG\/DuSBsJ29uIGRpc2N1dGUgZGVzIHF1ZXN0aW9ucyBwb2xpdGlxdWVzLCDDqWNvbm9taXF1ZXMgZXQgc29jaWFsZXMu\">clubs<\/span> de femmes. Le d\u00e9put\u00e9 Jean-Pierre-Andr\u00e9 Amar est le rapporteur du projet de loi, finalement adopt\u00e9 par l'Assembl\u00e9e Nationale.<\/p>\r\nLes femmes doivent-elles exercer les droits politiques, et s'immiscer dans les affaires du gouvernement ? Gouverner, c'est r\u00e9gir la chose publique par des lois dont la confection exige des connaissances \u00e9tendues, une application et un d\u00e9vouement sans bornes, une impassibilit\u00e9 s\u00e9v\u00e8re et l'abn\u00e9gation de soi-m\u00eame. [&hellip;] Les femmes sont-elles susceptibles de ces soins et des qualit\u00e9s qu'ils exigent ? On peut r\u00e9pondre en g\u00e9n\u00e9ral que non. [&hellip;] Les femmes doivent-elles se r\u00e9unir en association politique ? [&hellip;] Non, parce qu'elles seraient oblig\u00e9es d'y sacrifier des soins plus importants auxquels la nature les appelle. Les fonctions priv\u00e9es auxquelles sont destin\u00e9es les femmes par la nature m\u00eame tiennent \u00e0 l'ordre g\u00e9n\u00e9ral de la soci\u00e9t\u00e9. [&hellip;] L'homme est fort, robuste, n\u00e9 avec une grande \u00e9nergie, de l'audace et du courage. [&hellip;] Les m\u0153urs et la nature m\u00eame ont assign\u00e9 [\u00e0 la femme] ses fonctions : commencer l'\u00e9ducation des hommes, pr\u00e9parer l'esprit des enfants aux vertus publiques. [&hellip;] Telles sont leurs fonctions apr\u00e8s les soins du m\u00e9nage. [&hellip;] Elles peuvent assister aux d\u00e9lib\u00e9rations des sections, aux discussions des Soci\u00e9t\u00e9s populaires ; mais, doivent-elles prendre une part active \u00e0 des discussions dont la chaleur est incompatible avec la douceur et la mod\u00e9ration qui font le charme de leur sexe ? [&hellip;] Nous croyons donc qu'une femme ne doit pas sortir de la famille pour s'immiscer dans les affaires du gouvernement.","title":"","complements":null,"credits":"","credits2":null,"license":null,"source":"","origine":"BNF Archives parlementaires tome 18","caption":"Jean-Pierre Andr&eacute; Amar (d&eacute;put&eacute;), <span class=\"g-n-ral-ref\">Rapport sur l'interdiction des clubs de femmes<\/span>, 30 octobre 1793, Archives parlementaires","comments":null},"rubric_order":null}

 

Art. 213 - Le mari doit protection à sa femme, la femme obéissance à son mari.

Art. 214 - La femme est obligée d'habiter avec le mari, et de le suivre partout où il juge bon de résider. Le mari est obligé de la recevoir.

Art. 217 - La femme ne peut donner, hypothéquer, acquérir un bien sans le concours de son mari.

Art. 229 - Le mari pourra demander le divorce pour cause d'adultère de sa femme.

Art. 230 - La femme pourra demander le divorce pour cause d'adultère de son mari, lorsqu'il aura tenu sa concubine dans la maison commune.

Art. 371 - L'enfant, à tout âge, doit honneur et respect à ses père et mère.

Art. 373 - Le père seul exerce l'autorité parentale.

Art. 1421 - Le mari administre seul les biens de la communauté. Il peut les vendre, les hypothéquer sans le concours de sa femme.



Extrait du Code Civil, 1804

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Analyse et Récit

 
 

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