A. L'échec des États généraux
- Le 5 mai 1789, Louis xvi réunit les États généraux pour résoudre la crise financière du royaume (chapitre 4). Le vote a lieu par ordre ; les députés du tiers état dénoncent l'inégalité de leur représentation par rapport à la noblesse et au clergé. Les députés de cet ordre se nomment alors eux–mêmes Assemblée nationale constituante les 17 et 20 juin 1789. Ils s'emparent ainsi du pouvoir législatif et se donnent pour devoir de doter la France d'une Constitution (doc. 4).
B. 1789 : la fin de l'absolutisme
- La présence de nombreuses troupes royales autour de la capitale laisse peser la menace d'une action du roi contre l'Assemblée. Le 14 juillet, le peuple prend alors la Bastille pour y trouver des armes (doc. 2 et 3). Les Parisiens fondent une garde nationale pour garantir la Révolution.
- L'été, dans les campagnes, des rumeurs annoncent l'arrivée de brigands à la solde des nobles : c'est la Grande Peur. Les paysans attaquent les châteaux et détruisent les titres seigneuriaux. Pour calmer la situation, les députés de la noblesse et du clergé décident de renoncer à leurs privilèges dans la nuit du 4 août (doc. 1). C'est la fin de la société d'ordres. L'égalité est proclamée le 26 août dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (dossier 1).
- En octobre, les Parisiennes forcent le roi à quitter Versailles pour Paris.
C. 1791 : première rupture avec la monarchie
- L'abolition des privilèges pousse certains nobles à émigrer. Depuis l'étranger, ils soutiennent le roi dont les pouvoirs sont fortement limités par la Constitution de 1791 (doc. 4). La Constitution civile du clergé provoque également des troubles (chapitre 7).
- Le 21 juin, Louis xvi et la famille royale tentent de s'enfuir de la France. Reconnus et arrêtés à Varennes, ils sont ramenés à Paris (doc. 5). Le roi perd la confiance du peuple français.
Le peuple impatient d’obtenir justice et las de l’oppression, s’empresse à détruire ces titres [seigneuriaux], monuments de la barbarie de nos pères. […] Soyons justes, Messieurs : qu’on nous apporte ici ces titres qui outragent l’humanité même.
Vous ne retrouverez le calme dans la France agitée que quand […] vous reconnaîtrez l’injustice de ces droits acquis dans des temps d’ignorance et de ténèbres.
Intervention de M. Leguen de Kérangal, député de la noblesse de la Basse Bretagne, d’après le procès-verbal de l’Assemblée nationale daté du 4 août 1789, Archives parlementaires
Les chefs de la calomnie insinuent au Roi que les Français veulent changer la forme de leur gouvernement et […] qu’il n’a pas d’autre parti à prendre que d’employer la force pour rompre les États généraux. Ils font venir des troupes tant nationales qu’étrangères ; tous les environs de la capitale sont couverts de tentes ; l’Assemblée nationale est entourée de barbares venus du Nord.
Plusieurs citoyens se présentent aux portes de la Bastille pour demander des armes […] mais à peine sont-ils entrés dans la cour, que les Invalides et les petits suisses1 tirent sur eux : plusieurs sont tués. La perfidie 2exercée par le gouverneur marquis de Launay, cet infâme geôlier, rend furieux tous les Parisiens ; ils prennent à l’instant la résolution de former le siège de cette fameuse prison royale. Les gardes françaises et bourgeoises se mettent en marche ; ils enfoncent la grande porte de l’Arsenal et celle du jardin. Le gouverneur faisait feu continu sur les assiégeants, qui y répondaient. Les canons avaient fait une brèche considérable ; un grenadier des gardes françaises monte à l’assaut au milieu du feu, et malgré l’artillerie de la Bastille, il est suivi par ses courageux camarades. Ils saisissent le gouverneur et un des canonniers qui sont tous forcés de se rendre. Ils sont conduits à la place de la Grève mais le marquis de Launay refuse de monter à l’Hotel de Ville ; il tombe sous les coups de la milice 3parisienne. On a tué à la Bastille plusieurs petits suisses et les Invalides qui n’ont pas voulu se rendre. Dans ce siège à jamais mémorable, il y a eu peu de personnes de tuées du côté des Parisiens.
D’après le journal Les Révolutions de Paris
Jean-Pierre Louis Laurent Houël (1735-1813), Prise de la Bastille, 1789, dessin, 37 x 50 cm (BnF) Photo12/ARJ
R. Vinkeler et D. Vrydagg, d'après J.L. Prieur, Le Retour de Louis xvi à Paris, 25 juin 1791, gravure en couleur (Archives nationales) Photos12.com - Hachedé
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Le 15 Octobre 2010
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