A. La Première République : 1792-1794
- En avril 1792, contre l'avis de certains députés, la France déclare la guerre à l'Autriche qui soutient Louis xvi. Le 10 août, le peuple prend d'assaut le palais des Tuileries ; le roi et sa famille sont emprisonnés (dossier 2).
- Une nouvelle assemblée, la Convention, est élue au suffrage universel masculin. Le 21 septembre, elle abolit la royauté. Le 22 septembre, la République est proclamée. La Convention est l'unique centre du pouvoir.
B. La « patrie en danger »
- La Convention condamne à mort Louis xvi, qui est exécuté le 21 janvier 1793. En réaction, les rois européens forment une coalition contre la France (doc. 2).
- Les députés « montagnards », sous la conduite de Robespierre, détiennent le pouvoir à l'Assemblée. Ils ont le soutien des sans-culottes. Ils votent une nouvelle constitution qui mentionne le droit à l'instruction, à l'assistance, à l'insurrection, etc., et abolissent l'esclavage dans les colonies (doc. 5). La déchristianisation limite l'influence de l'Église et un calendrier révolutionnaire remplace le calendrier chrétien.
- Mais, à l'intérieur du territoire, la République est menacée par le soulèvement royaliste en Vendée, et par les insurrections dans les villes de province « fédéralistes », qui s'opposent aux décisions de la Convention à Paris (doc. 2).
C. « La Terreur » pour sauver la République
- Les menaces extérieures et intérieures conduisent un Comité de salut public à mener une politique de « Terreur » pour vaincre les ennemis réels ou supposés de la République. La réquisition de soldats (levée en masse) permet de contenir les attaques extérieures. Afin de prévenir l'appauvrissement de la population, la « loi du maximum » fixe les prix des produits courants (doc. 1). La loi des suspects permet d'emprisonner et de juger les anti-révolutionnaires
(doc. 3 et 4). Les députés modérés et les plus extrémistes sont arrêtés, jugés et guillotinés, ainsi que des milliers d'opposants. - Cette politique, qui se prolonge malgré les victoires, inquiète certains députés, qui font arrêter Robespierre le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794) : il est guillotiné le lendemain, sans procès.
Les objets que la Convention nationale a jugés de première nécessité et dont elle a cru devoir fixer le maximum ou plus haut prix sont : le pain, la viande, le vin, les grains, farines, légumes, fruits, le beurre, le vinaigre, le cidre, l'eau-de-vie, le charbon, le bois, l'huile, le savon, le sel, les viandes et poissons, le miel, le sucre, le papier, le chanvre, les laines, les cuirs, le fer et l'acier, le cuivre, les draps, la toile et toutes les autres étoffes, les soieries exceptées.
Le maximum des prix […] sera le prix que chacune d'elles avait en 1790.
Loi du maximum général, 1793, Archives parlementaires
Art. 1. — Immédiatement après la publication du présent décret, tous les gens suspects qui se trouvent dans le territoire de la République et qui sont encore en liberté seront mis en état d'arrestation.
Art. 2. — Sont réputés suspects :
1. Ceux qui, soit par leur conduite, soit par leurs relations, soit par leurs propos ou leurs écrits, se sont montrés partisans de la tyrannie 1ou du fédéralisme 2et ennemis de la liberté […].
4. Les fonctionnaires suspendus ou destitués de leurs fonctions par la Convention nationale ou par ses représentants.
5. Les nobles (et ceux) qui n'ont pas constamment manifesté leur attachement à la Révolution.
6. Ceux qui ont émigré du 1er juillet 1789 ou 8 avril 1792, bien qu'ils soient rentrés en France.
Décret du 17 septembre 1793, Archives parlementaires
La révolution est une guerre de la liberté contre ses ennemis […]. Le gouvernement révolutionnaire a besoin d'une activité extraordinaire, précisément parce qu'il est en guerre.
Le gouvernement révolutionnaire doit aux bons citoyens toute la protection nationale, il ne doit aux ennemis du peuple que la mort. Ces notions suffisent pour expliquer l'origine et la nature des lois que nous appelons révolutionnaires. Ceux qui les nomment injustes ou tyranniques sont des menteurs stupides […]. Ils ne veulent que le retour de la tyrannie et la mort de la patrie.
S'il fallait choisir entre un excès d'amour pour la patrie par des actes condamnables ou la faiblesse de positions modérées, il n'y aurait pas à hésiter. Le patriotisme est ardent par sa nature. Qui peut aimer froidement sa patrie ? Quel est le patriote, même instruit, qui ne se soit jamais trompé ? Si donc on considérait comme criminels tous ceux qui, dans un gouvernement révolutionnaire, auraient dépassé la ligne exacte tracée par la prudence, on condamnerait aussi bien les mauvais citoyens que tous les amis naturels de la liberté. Qui donc démêlera tous ces excès contraires ? C'est l'amour de la patrie et de la vérité.
Discours du 25 décembre 1793 (5 nivôse an II) à la Convention nationale, Archives parlementaires
Nicolas André Monsiau (1754-1837), L’Abolition de l’esclavage en France en 1794, dessin Photo12/ARJ
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Le 15 Octobre 2010
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