Commander

6

Histoire, Géographie, Éducation civique 4e

Leçon 3

1794-1815 : le retour à un régime autoritaire

Leçon

A. L'établissement d'un régime autoritaire

  • Après la mort de Robespierre, une nouvelle Assemblée est élue en 1795, au suffrage censitaire (doc. 1). Elle adopte la Constitution de l'an iii où le pouvoir exécutif est confié à cinq Directeurs qui donnent leur nom au nouveau régime : le Directoire. Ils mettent fin à la Terreur. Très vite, ce régime est en difficulté du fait de la guerre qui se poursuit et de la hausse des prix résultant de l'abandon du maximum. Il doit lutter contre une double opposition : opposition monarchique à droite qui mène une terreur « blanche », opposition « jacobine » à gauche.

B. Le coup d'État de Napoléon Bonaparte et le Consulat

  • À l'extérieur, la France est victorieuse notamment en Italie grâce au général Bonaparte. Profitant de la faiblesse du régime, celui-ci s'empare du pouvoir par un coup d'État le 9 novembre 1799
    (18 Brumaire) et instaure le Consulat en s'emparant de tous les pouvoirs en tant que Premier Consul (doc. 2 et 3). Napoléon met en place un pouvoir fort par l'intermédiaire des préfets, pour établir un nouvel ordre marqué par la paix religieuse (concordat), la création d'institutions économiques (franc germinal), et scolaires (lycée) en s'appuyant sur les notables (riches propriétaires). La fin de la guerre en 1802 permet au pays de retrouver la paix après dix années de guerre.

C. 1804-1815 : le Premier Empire

  • Le 2 décembre 1804, Napoléon renforce son pouvoir en se faisant sacrer Empereur sous le nom de Napoléon ier. La liberté de la presse est abolie et les opposants politiques arrêtés. Napoléon reprend la guerre afin de fonder un empire en Europe. Les succès militaires lui permettent de dominer une partie du continent.
  • L'année 1812 marque un tournant avec la défaite de Russie.
    En 1814, la France est envahie par les royaumes coalisés qui rétablissent la monarchie avec Louis xviii. Le début de cette nouvelle monarchie est instable ; Napoléon revient au pouvoir pour cent jours. Après la défaite de Waterloo en 1815, Napoléon est fait prisonnier et exilé sur l'île de Sainte Hélène où il meurt en 1821. Louis xviii est ainsi conforté sur le trône de France.

Documents

 

Nous devons êtres gouvernés par les meilleurs ; or vous ne trouverez pareils hommes que parmi ceux qui possèdent une propriété et qui sont attachés au pays qui la contient, aux lois qui la protègent, à la tranquilité qui la conserve ; en outre, ils doivent à l'aisance l'éducation nécessaire pour discuter avec justesse des lois qui fixent le sort de la patrie […]. Si vous donnez à des hommes sans propriété les droits politiques, et s'ils se trouvent sur les bancs de ceux qui font les lois, ils exciteront ou laisseront exciter des agitations, sans en craindre l'effet ; ils établiront des taxes néfastes au commerce et à l'agriculture parce qu'ils n'en auront ni redouté ni prévu les conséquences ; ils nous précipiteront enfin dans ces convulsions dont nous sortons à peine !



Boissy d’Anglas, Discours à la Convention, juin 1795, Archives parlementaires

{"id":"2136","resType":"text","gutType":"65","title":"Le gouvernement des meilleurs","datas":{"content":"<p class=\"documents-doc-courant\">Nous devons \u00eatres gouvern\u00e9s par les meilleurs ; or vous ne trouverez pareils hommes que parmi ceux qui poss\u00e8dent une propri\u00e9t\u00e9 et qui sont attach\u00e9s au pays qui la contient, aux lois qui la prot\u00e8gent, \u00e0 la tranquilit\u00e9 qui la conserve ; en outre, ils doivent \u00e0 l'aisance l'\u00e9ducation n\u00e9cessaire pour discuter avec justesse des lois qui fixent le sort de la patrie [&hellip;]. Si vous donnez \u00e0 des hommes sans propri\u00e9t\u00e9 les droits politiques, et s'ils se trouvent sur les bancs de ceux qui font les lois, ils exciteront ou laisseront exciter des agitations, sans en craindre l'effet ; ils \u00e9tabliront des taxes n\u00e9fastes au commerce et \u00e0 l'agriculture parce qu'ils n'en auront ni redout\u00e9 ni pr\u00e9vu les cons\u00e9quences ; ils nous pr\u00e9cipiteront enfin dans ces convulsions dont nous sortons \u00e0 peine !<\/p>","title":"","complements":null,"credits":"","credits2":null,"license":null,"source":"","origine":"archives parlementaires","caption":"Boissy d&rsquo;Anglas, <span class=\"g-n-ral-normal\">Discours &agrave; la Convention<\/span>, juin 1795, <span class=\"g-n-ral-ref\">Archives parlementaires<\/span>"},"rubric_order":null}

 
Le coup d'État du général Bonaparte, le 18 Brumaire an VIII (9 novembre 1799)

François Bouchot, Le Général Bonaparte au Conseil des Cinq-Cents, à Saint Cloud, 10 novembre 1799, 1840 (Musée national du château de Versailles) Photo12/ARJ

{"id":"2137","resType":"image","gutType":"61","title":"Le coup d'\u00c9tat du g\u00e9n\u00e9ral Bonaparte, le 18 Brumaire an VIII (9 novembre 1799)","datas":{"credits":"Photo12\/ARJ","origine":"http:\/\/farm4.static.flickr.com\/3534\/3292622559_3a2896134e_o.jpg","license":"","source":"Fran&ccedil;ois Bouchot, <span class=\"g-n-ral-ref\">Le G&eacute;n&eacute;ral Bonaparte au Conseil des Cinq-Cents, &agrave; Saint Cloud, 10 novembre 1799<\/span>, 1840 (Mus&eacute;e national du ch&acirc;teau de Versailles)","caption":"Le g&eacute;n&eacute;ral Bonaparte est menac&eacute; par les d&eacute;put&eacute;s du Conseil des Cinq-Cents qui s'opposent &agrave; son coup d'&Eacute;tat. Il est sauv&eacute; par l'arm&eacute;e.","thumb":"\/upload\/deborah\/thumb.small.ARJ00294_02694.jpg","medium":"\/upload\/deborah\/ARJ00294_02694.jpg","max":"\/upload\/deborah\/max.ARJ00294_02694.jpg","title":"Sans titre"},"rubric_order":null}
Napoléon Bonaparte, Premier Consul

Louis-Charles-Auguste Couder, Installation du Conseil d’État au palais du Petit-Luxembourg, déc. 1799, les trois consuls reçoivent les serments des présidents, 1856, huile sur toile (Conseil d’État, Paris) Photo12/ARJ

{"id":"2140","resType":"image","gutType":"61","title":"Napol\u00e9on Bonaparte, Premier Consul","datas":{"credits":"Photo12\/ARJ","origine":"google images","license":"","source":"Louis-Charles-Auguste Couder, <span class=\"g-n-ral-ref\">Installation du Conseil d&rsquo;&Eacute;tat au palais du Petit-Luxembourg, d&eacute;c. 1799, les trois consuls re&ccedil;oivent les serments des pr&eacute;sidents<\/span>, 1856, huile sur toile (Conseil d&rsquo;&Eacute;tat, Paris)","caption":"","thumb":"\/upload\/deborah\/thumb.small.ARJ01198_2692.jpg","medium":"\/upload\/deborah\/ARJ01198_2692.jpg","max":"\/upload\/deborah\/max.ARJ01198_2692.jpg","title":""},"rubric_order":null}

La nation française est arrivée au dernier terme de l'esclavage et du malheur ; la cause n'est pas problématique : c'est l'ouvrage du chef de l'État et des nombreux agents du pouvoir qui lui doivent leurs places.

Napoléon projeta de réduire le Sénat à une nullité telle qu'il ne fût que l'instrument de ses caprices. […] La religion et le clergé, avilis par lui, sont devenus des ressorts de sa puissance ; il en est de même de l'instruction publique, organisée de manière à étouffer toutes les idées libérales. Il a asservi le pouvoir judiciaire. Tandis qu'il créait deux commissions dérisoires pour la liberté de la presse et la liberté individuelle, il foulait aux pieds l'une et l'autre.

Irrité par la seule idée que sur le globe, un individu quelconque pût entrer en parallèle avec lui ; résolu s'il le pouvait, de régner sur les déserts et les cadavres plutôt que de ne pas assouvir son ambition ; il a surpassé pour beaucoup tous les Attila 1par l'effusion de sang humain. Le sentiment de nos calamités devient plus douloureux en pensant que Napoléon a rendu la nation française odieuse à tous les peuples chez lesquels il a porté la dévastation, l'incendie et le carnage.

[…] Se plaçant au-dessus des lois, [Napoléon] s'est mis lui-même hors-la-loi. L'intérêt de la France est que ce sceptre de fer soit arraché des mains de celui qui ne s'en sert que pour victimiser le peuple. Cette mesure, commandée par la nécessité, ne permet plus aucun délai.



1 roi des Huns considéré comme guerrier et sanguinaire.


D’après Hippolyte Carnot, Notice historique sur Grégoire, 1837, A. Dupont, Paris

{"id":"2142","resType":"text","gutType":"65","title":"Projet de d\u00e9ch\u00e9ance de Napol\u00e9on par Gr\u00e9goire (1814)","datas":{"content":"<p class=\"documents-doc-courant\">La nation fran\u00e7aise est arriv\u00e9e au dernier terme de l'esclavage et du malheur ; la cause n'est pas probl\u00e9matique : c'est l'ouvrage du chef de l'\u00c9tat et des nombreux agents du pouvoir qui lui doivent leurs places.<\/p>\r\n<p class=\"documents-doc-courant\">Napol\u00e9on projeta de r\u00e9duire le S\u00e9nat \u00e0 une nullit\u00e9 telle qu'il ne f\u00fbt que l'instrument de ses caprices. [&hellip;] La religion et le clerg\u00e9, avilis par lui, sont devenus des ressorts de sa puissance ; il en est de m\u00eame de l'instruction publique, organis\u00e9e de mani\u00e8re \u00e0 \u00e9touffer toutes les id\u00e9es lib\u00e9rales. Il a asservi le pouvoir judiciaire. Tandis qu'il cr\u00e9ait deux commissions d\u00e9risoires pour la libert\u00e9 de la presse et la libert\u00e9 individuelle, il foulait aux pieds l'une et l'autre.<\/p>\r\n<p class=\"documents-doc-courant\">Irrit\u00e9 par la seule id\u00e9e que sur le globe, un individu quelconque p\u00fbt entrer en parall\u00e8le avec lui ; r\u00e9solu s'il le pouvait, de r\u00e9gner sur les d\u00e9serts et les cadavres plut\u00f4t que de ne pas assouvir son ambition ; il a surpass\u00e9 pour beaucoup tous les <span class=\"oneFootNote\" id=\"textFootNote3263\" data-id=\"3263\">Attila&nbsp;<sup>1<\/sup><\/span>par l'effusion de sang humain. Le sentiment de nos calamit\u00e9s devient plus douloureux en pensant que Napol\u00e9on a rendu la nation fran\u00e7aise odieuse \u00e0 tous les peuples chez lesquels il a port\u00e9 la d\u00e9vastation, l'incendie et le carnage.<\/p>\r\n<p class=\"documents-doc-courant\">[&hellip;] Se pla\u00e7ant au-dessus des lois, [Napol\u00e9on] s'est mis lui-m\u00eame hors-la-loi. L'int\u00e9r\u00eat de la France est que ce sceptre de fer soit arrach\u00e9 des mains de celui qui ne s'en sert que pour victimiser le peuple. Cette mesure, command\u00e9e par la n\u00e9cessit\u00e9, ne permet plus aucun d\u00e9lai.<\/p><br \/><br \/><div class=\"footNoteArea\" style=\"display:none;\">&nbsp;<\/div>\n <div class=\"oneNoteFooterDef\" data-id=\"3263\" id=\"defFoot3263\">\n <span class=\"counter\">\n 1\n <\/span>\n <span class=\"definition\">\n roi des Huns consid\u00e9r\u00e9 comme guerrier et sanguinaire.\n <\/span>\n <\/div>\n ","title":"","complements":null,"credits":"","credits2":null,"license":null,"source":"","origine":"idem l\u00e9gende","caption":"D&rsquo;apr&egrave;s&nbsp;Hippolyte Carnot, <span class=\"g-n-ral-ref\">Notice historique sur Gr&eacute;goire<\/span>,&nbsp;1837, A. Dupont, Paris"},"rubric_order":null}

 
 

Questions

 
 

Annotations du document

Annoter ce document
  • Ce document n'a pas d'annotation
Annoter ce document
  • Ce document n'a pas d'annotation
Annoter ce document
  • Ce document n'a pas d'annotation
Annoter ce document
  • Ce document n'a pas d'annotation
  Remarques Actualités
Vous avez une remarque, une idée pour améliorer le site ou une question à nous poser ? Envoyez-nous un message et nous vous répondrons rapidement.

Entrez votre adresse E-mail :
Entrez votre téléphone* :      

* Le champ téléphone n'est pas obligatoire mais il nous permettra de répondre plus efficacement à vos questions si nécessaire.

Restez connectés et tenez-vous au courant des nouveautés !

Suivez toute l'actualité du livrescolaire.fr sur facebook :
-nouveaux manuels,
-mise en ligne de ressources interactives,
-nouvelles fonctionnalités pour les manuels numériques,
-évènements,  
-etc.

Cliquez ici pour découvrir notre page et tout savoir sur lelivrescolaire.fr !