Le congrès réunissant les principales puissances européennes à Vienne à partir de novembre 1814 est animé par la personnalité du chancelier et ministre des Affaires étrangères autrichien, Metternich. Son rôle est essentiel dans la formation d'une alliance entre les États entretenue par des congrès réguliers, et dans la mise en place d'une Europe anti-révolutionnaire.
Comment Metternich conçoit-il l'Europe en 1815 ?
Thomas Lawrence (1769-1830), Le Prince Klemens von Metternich, vers 1820-1825, huile sur toile (Kunsthistorisches Museum, Vienne)Le prince de Metternich est entré dans la diplomatie autrichienne à 21 ans. Il est ambassadeur à Paris en 1806, puis ministre des Affaires étrangères de l'empereur d'Autriche à partir de 1809 et enfin chancelier d'Autriche de 1821 à 1848. Diplomate hors-pair, ses principes diplomatiques, appliqués lors du congrès de Vienne, sont le réalisme et la lutte contre les idées de la Révolution. Wikimedia/Cecil
Respect pour tout ce qui existe ; liberté à tout gouvernement de veiller au bien-être de son propre peuple ; ligue entre tous les gouvernements contre les factions 1dans tous les États. […] La première et la plus grande des affaires, pour l’immense majorité de toute Nation, c’est la fixité des lois, leur action non interrompue, et nullement leur changement. Que les gouvernements donc gouvernent, qu’ils maintiennent les bases fondamentales de leurs institutions, tant anciennes que nouvelles ; car si, dans tous les temps, il est dangereux d’y toucher, ce n’est pas aujourd’hui, et dans la tourmente générale, qu’il peut être utile de le faire. […]
Qu’ils maintiennent le principe religieux dans toute sa pureté et ne souffrent pas que le dogme 2soit attaqué, et la morale interprétée selon le Contrat social3 ou les visions de simples sectaires4.
Qu’ils étouffent les sociétés secrètes, cette gangrène de la société.
Qu’enfin les grands monarques resserrent leur union et prouvent au monde que si elle existe, elle n’est que bienfaisante, car cette union assure la paix politique de l’Europe ; qu’elle n’est forte que pour le maintien du repos, à une époque où tant d’attaques sont dirigées contre lui […].
Metternich, Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d’État, Éd. Plon et Cie, Paris, 1880
Jules Boilly (1793-1874), Talleyrand, lithographie d'après le Congrès de Vienne réalisé par Jean-Baptiste Isabey en 1819, 27 x 20 cm (Musée franco-américain du château de Blérancourt) Charles-Maurice de Talleyrand est évêque et député du clergé aux États généraux en 1789. Il organise la nationalisation des biens du clergé. Napoléon en fait son ministre des Affaires étrangères. Il redevient ministre des Affaires étrangères sous Louis xviii et défend la France à Vienne en 1814-1815. RMN / Gérard Blot
Metternich, Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d’État, Éd. Plon et Cie, Paris, 1880
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Le 15 Octobre 2010
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