A. La place de la France en Europe à la fin de l'année 1814
- En 1814, une coalition d'États envahit la France, exile Napoléon et place Louis xviii, frère de Louis xvi, sur le trône. La restauration des Bourbons doit mettre fin à la période révolutionnaire. Mais la charte concédée par le roi aux Français (1814) admet les principaux changements sociaux apportés par la Révolution.
- La France n'est que légèrement sanctionnée. Ses frontières reviennent à celles de 1789. L'indemnité financière qu'elle doit payer est limitée. Les armées coalisées quittent rapidement le sol français. Cela est dû à l'habileté du représentant de la France, Talleyrand (doc. 1), et au réalisme de Metternich (dossier 2).
B. L'Europe des princes
- Le congrès de Vienne marque le début du système des congrès, qui doivent réunir régulièrement les dirigeants européens afin d'éviter les mouvements révolutionnaires dans leurs pays (doc. 2). Aux côtés de la Quadruple-Alliance, la France entre dans le concert européen dès 1818.
- Les congrès doivent protéger l'équilibre des grandes puissances en Europe et maintenir les dynasties au pouvoir ; ils ne prennent pas en compte la volonté des nations gouvernées (doc. 4).
C. Les modifications issues du Congrès
- Veillant à l'équilibre des puissances sur le continent mais refusant le principe des nationalités, le Congrès modifie la carte des États. La Belgique est réunie à la Hollande pour former le royaume des Pays-Bas. La Prusse acquiert la Saxe et la Rhénanie. La Pologne est partagée entre la Prusse, l'Autriche et la Russie.
- L'Italie reste divisée : un royaume de Lombardie-Vénétie est créé et intégré à l'empire d'Autriche, et les États du Nord sont sous domination autrichienne. La nation allemande reste désunie, malgré la création d'une Confédération germanique présidée par l'empereur autrichien, qui rassemble trente-huit États allemands.
Ainsi, à l’ouverture des négociations, tous les cabinets se regardaient, malgré la paix, comme étant dans une position, si ce n’est tout à fait hostile, du moins fort équivoque, avec la France. Ils pensaient tous, plus ou moins, qu’il aurait été de leur intérêt qu’elle fût encore affaiblie. Ne pouvant rien à cet égard, ils se concertaient pour diminuer, au moins, son influence. Sur ces divers points, je les voyais tous d’accord.
Il me restait à espérer qu’il y aurait entre les puissances quelques divergences d’opinion, lorsque l’on en viendrait à distribuer les nombreux territoires que la guerre avait mis à leur disposition, chacune désirant, soit obtenir pour elle-même, soit faire donner aux États dépendant d’elle, une partie considérable des territoires conquis. On aurait bien voulu, en même temps, exclure du partage, ceux qu’on craignait de trouver trop indépendants. […]
Car si l’on consentait à nous admettre à prendre part aux actes du congrès, ce n’était que pour la forme, et pour nous ôter les moyens de contester un jour leur validité ; mais on prétendait bien que la France n’aurait rien à voir dans les résolutions déjà arrêtées, et qu’on voulait tenir pour des faits consommés.
Mémoires du prince de Talleyrand, 1809-1815, Paris, Calmann Lévy, 1891-1892
J.-B. Isabey (1767-1855), Le Congrès de Vienne, 1815, dessin à la plume, encre sépia, 46 x 66 cm (Musée du Louvre, Paris) Photo12 / ARJ
Caricature anonyme, Portrait-charge de Talleyrand « M. Tout-à-Tous » ou le Modèle de reconnaissance au congrès de Vienne, xixe siècle, estampe, 20 x 27 cm (Musée national du château de Versailles) La déclaration de 1815, que Talleyrand fait signer aux puissances européennes qui ont vaincu la France en 1814, condamne Napoléon comme ennemi de la paix. Napoléon, qui a débarqué en France depuis son exil, est en train de marcher sur Paris. RMN (Château de Versailles) / Droits réservés
Cette alliance sera élargie à l’Angleterre pour former alors la Quadruple- Alliance en novembre 1815.
Au nom de la très-sainte et indivisible Trinité.
Leurs Majestés l’Empereur d’Autriche, le Roi de Prusse et l'Empereur de Russie, par suite des grands événements qui ont signalé en Europe le cours des trois dernières années, et principalement des bienfaits qu'il a plu à la Divine Providence de répandre sur les États dont les gouvernements ont placé leur confiance et leur espoir en Elle seule […].
Conformément aux paroles des Saintes Écritures qui ordonnent à tous les hommes de se regarder comme frères, les trois Monarques contractants demeurons unis par les liens d’une fraternité véritable et indissoluble, et se considérant comme compatriotes, ils se prêteront en toute occasion et en tout lieu assistance, aide et secours ; se regardant envers leurs sujets et armées comme pères de famille, ils les dirigeront dans le même esprit de fraternité, dont ils sont animés pour protéger la religion, la paix et la justice.
Philippe Le Bas, Allemagne, Paris, Firmin Didot Frères, 1838
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Le 15 Octobre 2010
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