A. L'héritage napoléonien
- Pendant le Congrès, Napoléon débarque dans le Sud de la France et remonte vers Paris où il entre le 20 mars 1815. Louis xviii fuit. La coalition européenne se reforme et bat Napoléon à Waterloo (18 juin 1815) : c'est la fin des « Cent-Jours ». Mais l'héritage napoléonien est très vivant en France, où les principales mesures impériales sont conservées.
- Le blocus qu'avait mis en place Napoléon contre l'Angleterre a permis de favoriser l'industrie naissante en France, en Belgique et en Allemagne (région du Rhin). Les réformes sociales de l'époque napoléonienne sont maintenues, comme l'abolition des droits féodaux en Prusse.
B. Les libéraux en Europe
- Craignant le retour des idées révolutionnaires, les souverains européens s'accordent pour contrôler l'opinion et la presse (doc. 1). Ils empêchent tout mouvement politique remettant en cause l'ordre décidé à Vienne, et en particulier les mouvements nationaux. Metternich fait ainsi adopter des mesures sévères au congrès de Carlsbad en 1819.
- Des cercles souvent secrets réunissent les intellectuels, officiers, bourgeois et étudiants influencés par le libéralisme (doc. 2). Ils réclament plus de libertés politiques et religieuses. Ils entreprennent parfois des révoltes, comme les étudiants allemands (doc. 3), ou les officiers libéraux en Espagne et en Russie.
C. L'émergence des sentiments nationaux
- Les libéraux combattent aussi pour l'unité ou l'indépendance de leur nation quand elle est divisée entre plusieurs États (Allemands, Italiens) ou intégrée à un État étranger (Belges, Polonais). Ils défendent leur langue et leur culture contre le pouvoir autoritaire des souverains étrangers (doc. 4 et dossier 1).
- Ces mouvements restent limités aux élites. Les révoltes sont rapidement réprimées comme à Naples (1820) par l'empire d'Autriche.
Je n'ai jamais craint que la révolution se produisît dans les universités. Mais il me paraît certain qu'il s'y formera toute une génération de révolutionnaires, si l'on ne parvient pas à enrayer le mal. J'espère qu'on fera disparaître les symptômes les plus alarmants de la maladie qui ronge les universités.
Le plus grand mal, le mal qu'il est le plus urgent de combattre aujourd'hui, c'est la presse. Je compte soumettre au congrès de Carlsbad les mesures relatives à cette question. […]
Metternich, Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d’État, Éd. Plon et Cie, Paris, 1880
Anonyme, Caricature sur la répression de la liberté de pensée et de la presse imposée par la Conférence de Carlsbad, 1825, gravure sur cuivre à l'eau forte coloriée, 18 x 26 cm (Allemagne) Les autorités politiques de l’Europe de Vienne restreignent la liberté de presse et la liberté d’expression, surtout avec les décrets de Carlsbad (1819). Sur le panneau au dessus de la table, il est écrit : « Sujet important pour la réunion d’aujourd’hui : Combien de temps allons-nous être autorisés à penser ? » Le règlement à droite énonce : « La première règle d’une société savante est le silence. Pour qu’aucun membre n’aille en prison parce qu’il a parlé librement, des muselières seront distribuées à l’entrée. » akg-images
Anonyme, Le Défilé des étudiants allemands à Wartburg (Thuringe) en 1817, gravure, milieu du xixe siècle Les Burschenschaften rassemblent les étudiants allemands qui militent pour l'unité nationale de l'Allemagne et contre la domination autrichienne. Elles apparaissent en 1815 à Iéna, et se réunissent en 1817 à Wartburg pour célébrer le 300e anniversaire de la publication des thèses de Luther et le 4e anniversaire de la défaite de Napoléon face aux troupes allemandes à Leipzig (1813). Elles se répandent dans les universités allemandes, à tel point que Metternich, craignant leur contestation, les fait interdire en 1819. Wikimedia/Markus.Bruegge
Cet officier libéral russe a été condamné après la révolution de 1825 en Russie.
Les peuples, après avoir goûté à la douceur des Lumières et de la liberté, se battent pour elles, et les gouvernements […] tentent de repousser ces peuples dans les profondeurs de l'ignorance […]. La domination de Napoléon et la guerre de 1813 et 1814 a réuni toutes les nations d'Europe, enrôlées par leurs souveraines et encouragées par l'appel à la liberté et à la citoyenneté. […] Les monarques se sont alliés dans une Sainte Alliance, et les congrès se mirent à être tenus. […] Mais le but de ces congrès fut rapidement révélé : les nations apprirent à quel point on les avait trompées. Les monarques ne pensaient qu'à retenir leur pouvoir absolu […] et éteindre la moindre étincelle des Lumières et de liberté. Les nations offensées ont commencé à réclamer ce qui leur appartenait et qui leur avait été promis — les chaînes et les prisons ont été leur lot ! […] Au lieu de la liberté promise, les nations européennes se sont trouvées opprimées. […] Les prisons du Piémont, de Sardaigne, de Naples et toutes celles d’Italie et d’Allemagne en général, sont remplies de citoyens enchaînés.
« Lettre de Pierre Kakhovsky au Général Levashev du 24 février 1826» , dans A. G. Mazour, The First Russian Revolution, Stanford University Press, Stanford, 1961
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Le 15 Octobre 2010
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