A. Des questions nouvelles
- L'industrialisation provoque dans le même temps un extraordinaire accroissement des richesses et une misère importante (doc. 1). Certains patrons offrent une protection sociale à leurs ouvriers : c'est le paternalisme (dossier 1). Les ouvriers s'organisent en syndicats et luttent par la grève (dossier 3). Une législation sociale se met progressivement en place (doc. 4).
- Certains contemporains s'interrogent sur la meilleure façon de partager les richesses et le pouvoir de décision dans la société.
B. Le libéralisme économique
- Le libéralisme défend la propriété privée et la liberté d'entreprendre. Pour les libéraux, l'inégalité sociale est un moteur de la création des richesses. Chaque individu doit avoir la liberté d'agir pour améliorer sa condition. L'État ne doit pas intervenir dans l'économie, en particulier dans les rapports entre patrons et ouvriers (doc. 5).
C. Le socialisme
- Pour les socialistes, comme Marx et Engels (doc. 2 et 3), l'État n'est pas neutre : il favorise l'exploitation du travail du prolétariat, source de la richesse, par les capitalistes. Les prolétaires doivent prendre le contrôle de l'État par une révolution. Ainsi, ils pourront organiser une répartition plus juste des richesses. Le socialisme souhaite construire l'égalité entre les individus, seule condition de leur liberté (doc. 1).
D. Refus et résistances : l'évolution de l'Église catholique
- L'Église catholique était au cœur de la société traditionnelle ; sa position est menacée par la modernisation de la société. Consciente de la misère des individus, elle craint une révolution sociale. Elle compte sur le respect du message religieux par les capitalistes et les ouvriers (doc. 6). Dans la lettre encyclique de 1891, le pape Léon xiii rejette aussi bien le libéralisme économique que le socialisme et redéfinit le catholicisme social.
Karl Marx, Friedrich Engels, Manifeste du parti communiste, 1848
Karl Marx (1818-1883) est un philosophe, économiste, historien et sociologue allemand, ayant fréquenté les milieux ouvriers à Paris et à Bruxelles. C'est là qu'il rencontre Friedrich Engels (1820-1895), fils d’un industriel textile, qui a observé les conditions de vie des ouvriers dans l'usine de son père. Photo12
Karl Marx (1818-1883) est un philosophe, économiste, historien et sociologue allemand, ayant fréquenté les milieux ouvriers à Paris et à Bruxelles. C'est là qu'il rencontre Friedrich Engels (1820-1895), fils d’un industriel textile, qui a observé les conditions de vie des ouvriers dans l'usine de son père. Photos12.com - Ann Ronan Picture Library
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Travail des femmes et des enfants |
Droits ouvriers |
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> 1841 : travail des enfants > 1874 : travail des enfants > 1892 : travail des enfants (13-18 ans) limité à 10h par jour, des femmes à 11h par jour |
> 1864 : grève autorisée > 1884 : syndicats autorisés > 1898 : loi sur l’indemnisation des accidents du travail > 1900 : journée de 10h pour tous > 1906 : repos hebdomadaire obligatoire |
Paul Leroy-Beaulieu, L’Économiste français, 1906
Les sentiments religieux du passé ont disparu des lois et des institutions publiques et ainsi, peu à peu, les travailleurs isolés et sans défense se sont vus, avec le temps, livrer à la merci de maîtres inhumains et à la cupidité 1d’une concurrence effrénée. Une usure 2dévorante est venue accroître encore le mal. Condamnée à plusieurs reprises par le jugement de l’Église, elle n’a cessé d’être pratiquée sous une autre forme par des hommes avides de gain et d’une insatiable cupidité. […]
Les socialistes, pour guérir ce mal, poussent à la haine jalouse des pauvres contre les riches. Ils prétendent que toute propriété de biens privés doit être supprimée, que les biens d’un chacun doivent être communs à tous, et que leur administration doit revenir aux municipalités ou à l’État. [...] Mais pareille théorie […] est souverainement injuste en ce qu’elle viole les droits légitimes des propriétaires, qu’elle dénature les fonctions de l’État et tend à bouleverser de fond en comble l’édifice social.
[…] Que les gouvernants utilisent l’autorité protectrice des lois et des institutions ; que les riches et les patrons se rappellent leurs devoirs ; que les ouvriers dont le sort est en jeu poursuivent leurs intérêts par des voies légitimes. Puisque la religion seule, comme Nous l’avons dit dès le début, est capable de détruire le mal dans sa racine, que tous se rappellent que la première condition à réaliser, c’est la restauration des mœurs chrétiennes.
Léon WIII, Rerum Novarum, lettre encyclique, donnée à Rome, près Saint-Pierre, le 15 mai 1891, l’an XIV de Notre Pontificat
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Le 15 Octobre 2010
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