Comment l'âge industriel développe-t-il de nouvelles formes de publicité ?
Auparavant, l'objet était commandé à un artisan ; à l'âge industriel, il est produit en série et en grand nombre. La « marque » placée sur l'objet et son emballage identifie et authentifie son producteur. Les marques mettent en place des campagnes publicitaires : le consommateur les découvre dans les journaux, sur les affiches, les prospectus et les catalogues. Les industriels cherchent à faire connaître, aimer et donner une image aux nouveaux produits : chocolat en poudre, viande en cube, boîte de conserve, poudre dentifrice, etc. Ils font appel à des artistes chargés de les rendre attrayants et de toucher l'imaginaire par des images réalisées en chromolithographie.
Quatrième page du quotidien Le Temps le 21 décembre 1866 (Vue d'ensemble et détails) Manuel Charpy
Dessin d'emballage et flacon pour du tapioca (poudre de manioc importée du Brésil), 1881 (Archives de Paris) Manuel Charpy
Alfons Mucha (1860-1939), Affiche publicitaire pour Lefèvre-Utile, 1897, lithographie en couleurs, 62 x 43 cm (Collection privée) akg-images
Photographie de la rue Saint-Jacques à Paris en 1906 (Union Photographique Française, Archives de Paris) Manuel Charpy / Archives de Paris
Multiple et tenace, [l’affiche] ne vous arrête point dans votre marche, elle ne vous interrompt pas dans vos pensées ; mais elle vous rend obligatoire la lecture d'un, deux ou trois mots. [Des] caractères très simples, lisibles à grande distance ; peu de teintes, leur abondance atténue l'intensité du choc visuel. […] Ces affiches éphémères […] sont collées annuellement, dans les rues de Paris, au nombre d'environ 1 500 000. […] Le choix du quartier importe fort : pour le roman à grosses péripéties, où le tragique domine, quartier populeux ; quartier mondain pour un établissement de plaisir ; quartiers graves pour un ouvrage de science. Dans les gares, les salles d'attente, les wagons, dans les omnibus et les bateaux, l'affiche s'est implantée ; elle est descendue sous terre avec le métropolitain […]. Partout où s'arrête la foule, partout où elle passe l'affiche la suit. Elle s'implante dans les plus beaux sites de l'Europe […] ; elle macule la façade d'accès du Mont Saint-Michel ; elle déshonore les chutes du Niagara sur toute la rive américaine ; elle envahit les hauteurs de l'Himalaya. Elle s'espace le long des lignes de chemin de fer et se plaît, en rase campagne, à torturer le voyageur. […] D'autres affiches, élevées au rang de l'estampe, demandent à la palette du peintre leurs chances de persuasion. Elles s'efforcent d'obtenir du passant ce coup d'œil dont on se souvient, parce qu'il a plu, et de glisser sournoisement dans sa mémoire, par la suggestion de l'image, un nom.
Georges d’Avenel, « La Publicité » dans Le Mécanisme de la vie moderne, 1902
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Le 15 Octobre 2010
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