Comment naît le cinéma ?
Avec l'arrivée de la photographie instantanée vers 1870, on tente de saisir les mouvements trop rapides pour l'œil. On projette les chronophotographies grâce à la lanterne magique : les photographies ou les dessins, animés et projetés, recréent ainsi pour les spectateurs le mouvement. La première projection publique a lieu à Paris en 1895. Les films sont muets et accompagnés au piano.
Aux États-Unis, des studios sont créés à Hollywood, près de Los Angeles, qui dispose de paysages variés et d'un soleil éclatant. Les réalisateurs mettent leur caméra sur les trains : on passe du plan-fixe aux mouvements de caméra. Entre 1895 et 1905, tous les genres cinématographiques font leur apparition (western, film de science-fiction, etc.)
Étienne-Jules Marey (1830-1904), planche extraite de La Machine animale. Locomotion terrestre et aérienne (1873-1874), chronophotographie (BnF) Photos12.com
Projection d'images animées par Émile Reynaud, revue La Nature, 23 juillet 1892 bilwissedition Ltd. & Co. KG / Alamy
Une nouvelle invention, qui est certainement une des choses les plus curieuses de notre époque, cependant si fertile, a été produite hier soir, 14 boulevard des Capucines, devant un public de savants, de professeurs et de photographes.
Il s’agit de la reproduction, par projections, de scènes vécues et photographiées par des séries d’épreuves instantanées. Quelle que soit la scène ainsi prise et si grand que soit le nombre de personnages ainsi surpris dans les actes de leur vie, vous les revoyez, en grandeur naturelle, avec les couleurs, la perspective, les ciels lointains, les maisons, les rues, avec toute l’illusion de la vie réelle.
Il y a par exemple la scène des forgerons. L’un fait fonctionner la soufflerie, la fumée s’échappe du foyer ; l’autre prend le fer, le frappe sur l’enclume, le plonge dans l’eau, d’où monte une large colonne de vapeur blanche.
La vue d’une rue de Lyon avec tout son mouvement de tramways, de voitures, de passants et de promeneurs, est plus étonnante encore ; mais ce qui a le plus excité l’enthousiasme, c’est la baignade en mer ; cette mer est si vraie, si vague, si colorée, si remuante, ces baigneurs et ces plongeurs qui remontent, courent sur la plateforme, piquent des têtes, sont d’une vérité merveilleuse.
À signaler encore spécialement la sortie de tout le personnel, voitures, etc. des ateliers de la maison où a été inventé le nouvel appareil auquel on a donné le nom un rébarbatif de cinématographe. Le directeur de la maison, M. Lumière s’en est d’ailleurs excusé. […]
On recueillait déjà et l’on reproduisait la parole, on recueille maintenant et l’on reproduit la vie. On pourra, par exemple, revoir agir les siens longtemps après qu’on les aura perdus.« Une merveille photographique », d’après Le Radical, 30 décembre 1895
Georges Méliès (1861-1938), Voyage dans la Lune, adaptation de Jules Verne (1828-1905), De la Terre à la Lune, 1902 MELIES/Album/AKG
Georges Méliès (1861-1938), Voyage dans la Lune, adaptation de Jules Verne (1828-1905), De la Terre à la Lune, 1902 MELIES/Album/AKG
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Le 15 Octobre 2010
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