La loi de séparation des Églises et de l'État de décembre 1905 souhaite avant tout réduire l'influence de l'Église catholique dans la société, et faire de la religion une affaire privée. Les catholiques, en partie ralliés à la République, considèrent cette loi comme une agression. Au printemps 1906, le Pape les engage à résister aux « inventaires » des biens des églises qui doivent être administrés désormais par des associations.
Comment le principe de laïcité peut-il garantir la liberté de conscience ?
Jules-Alexis Meunier (1863-1942), La Leçon de catéchisme, 1890, huile sur toile, 117 x 67 cm (Musée des Beaux-Arts, Besançon) La religion, transmise par les prêtres, imprègne les consciences des Français dès l'enfance. akg-images
Émile Friant (1863-1932), La Toussaint, 1888, huile sur toile, 254 x 334 cm (Musée de Nancy) Wikimedia/C. Philippot
Art. 1. — La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public.
Art. 2. — La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l'État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes. Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d'aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons.
Art. 13. — Les édifices servant à l'exercice public du culte, ainsi que les objets mobiliers les garnissant, seront laissés gratuitement à la disposition des établissements publics du culte, puis des associations appelées à les remplacer.
Art. 28. — Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions.Loi du 9 décembre 1905
En vous présentant ce rapport, nous avons pour objectif de prouver que la seule solution possible aux difficultés intérieures qui résultent en France de l’actuel régime concordataire est dans une séparation loyale complète des Églises et de l’État. Nous montrerons juridiquement que ce régime est le seul qui, en France, pays où les croyances sont diverses, réserve et sauvegarde les droits de chacun […].
Le régime nouveau des cultes qui vous est proposé touche à des intérêts si délicats et si divers, il opère de si grands changements dans les coutumes séculaires, qu’il est sage, avant tout de rassurer la susceptibilité éveillée des fidèles, en proclamant solennellement que non seulement la République ne saurait opprimer les consciences ou gêner dans ses formes multiples l’expression extérieure des sentiments religieux, mais encore qu’elle entend respecter et faire respecter la liberté de conscience et la liberté des cultes […].
En le votant, vous ramènerez l’État à une plus juste appréciation de son rôle et de sa fonction, vous rendrez la république à la véritable tradition révolutionnaire et vous aurez accordé à l’Église ce qu’elle a seulement le droit d’exiger, à savoir la pleine liberté de s’organiser, de vivre, de se développer selon les règles et par ses propres moyens, sans autre restriction que le respect des lois et de l’ordre public.
Séance du 4 mars 1905
Nous, nous voulons conserver la religion avec ou sans la séparation, la religion qui place si haut les volontés et les cœurs, qui pousse les hommes vers l’abnégation, le dévouement et l’amour de leurs semblables (vifs applaudissements à droite). Nous ne voulons pas échanger vos doutes contre notre foi (très bien ! à droite et au centre. Bruit à l’extrême gauche). Voulue et préparée principalement par les ennemis de l’Église, la séparation risquerait de n’être qu’une persécution religieuse mal organisée, et ce serait en même temps, il faut le craindre, un obstacle absolu à la tranquillité du pays, la paix publique définitivement compromise dans la nation, dans les communes, dans les foyers, et le despotisme de l’État édifié sur les débris des institutions religieuses (vifs applaudissements à droite et au centre).
Discours d’Henri-Constant Grousseau, député du Nord, professeur à l’Université catholique de Lille pendant la séance du 27 mars 1905
Inventaire en Haute-Loire, combat entre les villageois et les autorités, Le Petit journal, mars 1906 Roger-Viollet
Menu
Page créée par LeLivreScolaire
Le 15 Octobre 2010
Vocabulaire de la page
Annotations du document
- Ce document n'a pas d'annotation
- Ce document n'a pas d'annotation
- Ce document n'a pas d'annotation
- Ce document n'a pas d'annotation
- Ce document n'a pas d'annotation
- Ce document n'a pas d'annotation


