A. L'héritage de la Révolution
- La période révolutionnaire a révélé des aspirations et des craintes. L'aspiration à la démocratie politique manifeste la volonté de participation du peuple aux décisions. Elle s'accompagne de l'exercice des libertés publiques et de la liberté de la presse, garanties par une constitution écrite.
- La crainte majeure est celle de la violence révolutionnaire. Désormais, l'objectif des régimes politiques est à la fois d'assurer l'ordre et la stabilité, de garantir la propriété, et de permettre l'exercice de libertés publiques (doc. 3).
B. Le rétablissement de la monarchie mais le retour impossible à l'Ancien Régime
- En 1815, le frère de Louis xvi devient roi sous le nom de Louis xviii. Le nouveau régime propose un retour à l'Ancien Régime appuyé sur l'Église catholique et les notables. Il s'appuie sur un texte constitutionnel, la Charte (chapitre 8) et sur le suffrage censitaire.
- En juillet 1830, le roi Charles x impose une suspension de la liberté de la presse et une restriction du corps électoral (doc. 1). Il est renversé par une Révolution. Louis-Philippe prend le pouvoir et devient roi des Français : c'est la monarchie de Juillet. Sous la monarchie de Juillet, le ministre Guizot met en place quelques réformes, mais ne peut résister à une opposition libérale, républicaine et ouvrière (doc. 2).
C. La iie République, entre avancées démocratiques et conservation de l'ordre
- Dans le contexte d'une crise économique et sociale, une révolution en février 1848 proclame la iie République. Elle vote une constitution qui donne le pouvoir à une assemblée unique élue au suffrage universel masculin, affirme le droit au travail et décide une deuxième abolition de l'esclavage (doc. 5). Elle tente de résoudre le problème du chômage mais réprime violemment une insurrection ouvrière en juin 1848. La répression détache le mouvement ouvrier de la République. La conservation de l'ordre social devient sa seule préoccupation (doc. 4).
Une malveillance active, ardente, infatigable travaille à ruiner tous les fondements de l’ordre et ravir à la France le bonheur dont elle jouit sous le sceptre de ses rois. Habile à exploiter tous les mécontentements et à soulever toutes les haines, elle fomente, parmi les peuples, un esprit de défiance et d’hostilité envers le pouvoir, et cherche à semer partout des germes de trouble et de guerre civile. […] Il faut bien le reconnaître : ces agitations qui ne peuvent s’accroître sans de grands périls, sont presque exclusivement produites et excitées par la liberté de la presse.
Rapport au roi Charles X justifiant les ordonnances du 25 juillet 1830 Contenu des ordonnances de 1830 : Suspension de la liberté de la presse, dissolution de la chambre, nouvelle restriction du corps électoral, fixation de la date de nouvelles élections.
Honoré Daumier (1808-1879), C’était vraiment la peine de nous faire tuer, 1835, lithographie, 21 x 29 cm (Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis) BnF
François Guizot, Lettre à ses électeurs, 1846
Permettez-moi d’adresser, du haut de la tribune, au parti clérical, au parti qui nous envahit, un conseil sérieux. Ce n’est pas l’habileté qui lui manque. Quand les circonstances l’aident, il est fort, très fort, trop fort ! Il sait l’art de maintenir une nation dans un état mixte et lamentable, qui n’est pas la mort, mais qui n’est plus la vie. Il appelle cela gouverner. C’est le gouvernement par la léthargie. Mais qu’il y prenne garde, rien de pareil ne convient à la France.
Extrait d’un Discours de Victor Hugo contre les conservateurs, 14 janvier 1850
François Biard (1798-1882), L'Abolition de l'esclavage dans les colonies françaises (27 avril 1848), 1849, huile sur toile, 261 x 391 cm (Musée national du château de Versailles) Photo 12/ARJ
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Le 15 Octobre 2010
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