En 1971, l'entreprise Starbucks est créée à Seattle. En 2010, elle est devenue la plus grande entreprise de café dans le monde et plus de 16 000 boutiques sont ouvertes dans plus de 50 pays. Starbucks contrôle l'ensemble de la filière de production, de la sélection des espèces de café à la commercialisation des boissons. Ces activités sont à l'origine de multiples transports organisés à l'échelle mondiale.
Comment la fabrication d'un gobelet de café Starbucks illustre-t-elle la mondialisation des échanges ?
Après la récolte, les fèves de café sont étalées sur le sol. Cette opération permet de les débarrasser de l'enveloppe charnue qui les recouvre. Richard Human / Alamy
Cinquième acteur mondial du marché, Starbucks achète entre 2 et 3 % de la production mondiale de café, soit 175 000 tonnes par an. La compagnie, née à Seattle en 1971 et qui possède aujourd'hui 17 000 enseignes sur la planète, a ouvert les portes de son usine de torréfaction 1d'Amsterdam (Pays-Bas). C'est là, dans la seule structure de la sorte que la société possède en dehors des États-Unis, que tout le café à destination de l'Europe et du Moyen-Orient est torréfié. Cela représente 120 tonnes par semaine.
[…] Starbucks achète la majorité de son café à des paysans dont les champs font 2 à 3 hectares et produisent entre 450 et 900 kg par an. […] Pour obtenir le café vert, les grains doivent encore être triés et décortiqués. Ce sont eux qui arrivent par sacs de 70 kilos dans les usines de torréfaction comme celle d'Amsterdam. Là, ils sont placés dans une machine qui fait grimper la température jusqu'à 232 degrés pendant onze à quinze minutes. Ils sont ensuite expédiés dans l'un des
29 pays dépendant de la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique de Starbucks. Afin de garantir la qualité de ses produits, la firme américaine indique que ses spécialistes ne dégustent pas moins de 250 000 tasses de café par année.
D’après Sébastien Jost, Le Matin, 26 avril 2010
L'affaire débute en 2005 en Éthiopie, un pays parmi les plus pauvres d'Afrique dont le café est la principale ressource. Face à un marché dont les prix se sont effondrés, l'Office éthiopien de la propriété intellectuelle met au point une stratégie innovante : trois espèces uniques de cafés éthiopiens sont déposées sous forme de marques. Par ce biais, le prestige des cafés Yirgacheffe, Sidamo et Harar augmentera dans le monde entier et, avec lui, les revenus de la filière. Les marques sont enregistrées dans les pays consommateurs et une trentaine d'entre eux les reconnaissent progressivement […].
Nouvelle icône planétaire d'une boisson en voie de mondialisation accélérée, Starbucks refuse. L'entreprise « ne veut pas reconnaître à l’Éthiopie la propriété de ses marques de café ». À partir de 2006 la polémique enfle, le conflit fait les gros titres de la presse éthiopienne ; jusqu'en février dernier où la multinationale commence à infléchir ses positions. Starbucks annonce alors des mesures en faveur des producteurs d'Afrique de l'Est avant qu'un accord ne soit finalement trouvé en fin de semaine dernière sur la licence, la distribution et le marketing des trois marques éthiopiennes.
Le retentissement mondial de la polémique, n'est sans doute pas étranger au revirement de Starbucks. L'organisation non gouvernementale Oxfam en a fait son cheval de bataille, incitant des dizaines de milliers de consommateurs à réagir.
D’après Virginie Gomez, Libération, 8 mai 2007
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Le 15 Octobre 2010
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