A. Une puissance fondée sur la maîtrise d'un territoire
- Les États-Unis ont un immense territoire, aux milieux naturels très variés. Les Américains ont aménagé ce territoire pour mettre en valeur ses ressources. De grandes infrastructures ont été construites : chemins de fer, barrages, autoroutes, etc. C'est l'un des fondements de la puissance américaine.
B. Une puissance complète
- Les États-Unis sont la première puissance diplomatique et militaire mondiale (étude de cas 2). Ils interviennent dans la plupart des actions diplomatiques et l'armée américaine est présente sur tous les continents.
- Les États-Unis sont aussi la première économie mondiale : ils produisent 23 % de la richesse mondiale (PIB). Ils dominent les échanges en totalisant environ 13 % du commerce mondial. Enfin, c'est une puissance financière : le dollar reste la seule véritable monnaie d'échanges internationale et les principales places financières mondiales sont aux États-Unis (étude de cas 2).
- La puissance des États-Unis se manifeste aussi à travers la diffusion de sa langue et de sa culture. L'anglais est la langue de communication internationale ; la culture américaine (musique, film) et ses objets de consommation (Coca-Cola, MacDonald's, etc.) s'exportent partout dans le monde. C'est le soft power.
- Ces éléments font des États-Unis un pays attractif (doc. 1) : ils sont le premier pays d'accueil des migrants internationaux.
C. Une puissance de plus en plus contestée et concurrencée
- Ce statut de première puissance mondiale auparavant incontesté commence à être concurrencé (doc. 4). Sur le plan économique, de nouveaux acteurs (Chine, Brésil, etc.) émergent (chapitre 21).
- Les actions extérieures sont aussi de plus en plus contestées. Ainsi, l'intervention en Irak est critiquée par de nombreux pays, les populations de la région, et aujourd'hui par une majorité d'Américains (doc. 3).
- L'hégémonie de la culture américaine est elle aussi remise en cause (chapitre 23).
Il est clair qu'on ne saurait qualifier le monde actuel d'unipolaire. Les États-Unis restent de loin la première puissance mondiale, non seulement sur le plan stratégique, mais également technologique, économique et culturel. Dans tous ces domaines ils sont encore loin devant la Russie et la Chine. Pour autant, Washington ne peut plus revendiquer une suprématie incontestée. Les Américains sont englués en Afghanistan et en Irak, leur économie est en difficulté, leur popularité dans le monde est en berne, et le nombre de dossiers internationaux sur lesquels leur influence paraît limitée semble croître chaque jour. Ils sont la première puissance mondiale, mais ils ne sont pas hégémoniques. Si les États-Unis ont cru un instant vivre dans un monde unipolaire — ce qui les a conduits à se lancer dans la guerre d'Irak contre l'avis de la communauté internationale, il est désormais évident qu'il s'agissait d'une illusion qu'ils paient cher aujourd'hui. Tout simplement parce que dans un monde globalisé, où la puissance est multiforme et diversifiée, un seul acteur, quelle que soit sa force, ne peut à lui seul fixer les règles du jeu.
Pascal Boniface, « Le 08-08-2008, une étape plus qu’une rupture », Le Monde, 26 septembre 2008
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Le 15 Octobre 2010
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