La liberté d'expression est au fondement de la démocratie. En France, elle est garantie par la loi. Elle est le résultat d'une lente conquête.
Qu'est-ce que la liberté d'expression ? Comment cette liberté d'expression est-elle garantie ?
« Le Boulet », illustration d'Alfred Le Petit parue dans le journal Le Grelot, 1878 Collection Kharbine-Tapabor
Art. 1. — L'imprimerie et la librairie sont libres.
Art. 5. — Tout journal ou écrit périodique peut être publié, sans autorisation préalable et sans dépôt de cautionnement […].
Extraits de loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse
La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.
Article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, 1789
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinons et celui de rechercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
Article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, 1948
Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontière. […] L'exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi […].
Article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales, 1950
Dans La Question, Henri Alleg, journaliste franco-algérien, raconte sa période de détention et les sévices qu'il y subit, en pleine guerre d'Algérie. Publié en France aux Éditions de Minuit, l'ouvrage fut immédiatement interdit. La Gangrène de Bachir Boumaza, paru en 1958 chez les Éditions de Minuit, dénonce aussi la torture en Algérie.
Jérôme Lindon, directeur des Éditions de Minuit, souligne dans la postface datée du 26 juin 1959 :
Le texte qu’on vient de lire est paru aux Éditions de Minuit, à Paris, le 16 juin 1959, sous le titre La Gangrène. Il fut mis en vente dans les librairies le 18 juin. Le matin du 19, un speaker du poste privé Europe no 1 faisait le premier une allusion à la sortie de cet ouvrage en signalant son importance. À 14 heures, le même jour, le journal Le Monde lui consacrait deux colonnes, en première page […].
Cependant, à 16 h 30, la police faisait saisir le livre aux
Éditions de Minuit et dans les principales librairies parisiennes. En dehors de La Question d’Henri Alleg, paru aux mêmes Éditions de Minuit et confisqué par la police quelques jours avant le 13 mai 1958, La Gangrène était le seul ouvrage qui ait fait en France l’objet d’une saisie dans ces conditions depuis des dizaines d’années. C’était, en outre, la première fois que cela arrivait depuis la venue au pouvoir du général De Gaulle. Aussi le retentissement de cette mesure, en France et à l’étranger, fut-il grand. […]De L’Aurore, organe de droite, à L’Humanité, communiste, toute la presse s’élevait contre une mesure qui mettait en cause le principe même de la liberté d’expression garanti par la Constitution de 1959. […] »
Jérôme Lindon, postface de l’édition de Gangrène de Bachir Boumaza, 26 juin 1959, Éditions de Minuit
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Le 15 Octobre 2010
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