L’œuvre de (1524-1585) est influencée par sa grande connaissance de la culture et de la civilisation antiques. D’abord promis à la carrière militaire, il se tourna finalement vers la littérature à cause de sa surdité. « Prince des poètes » et poète des princes (il fut le poète officiel d’Henri ii et de Charles ix), Ronsard fut le chef de file de la Pléiade. Sa poésie, qui se nourrit des auteurs antiques, mêle louange de l’amour et méditation sur la mort. S’il a aussi écrit de grands poèmes héroïques comme La Franciade, dans ses Amours en revanche, les femmes (Cassandre, Marie et Hélène) sont les inspiratrices de sa poésie et il les encourage à profiter de la vie présente.
Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant1 et filant2,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :
Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle.
Lors3, vous n’aurez servante oyant4 telle nouvelle,
Déjà sous le labeur5 à demi sommeillant,
Qui au bruit de mon nom ne s’aille réveillant,
Bénissant6 votre nom de louange7 immortelle.
Je serai sous la terre et fantôme sans os :
Par les ombres myrteux8 je prendrai mon repos :
Vous serez au foyer9 une vieille accroupie,
Regrettant mon amour et votre fier dédain10.
Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :
Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie.
Pierre de Ronsard, « Sonnets pour Hélène », Les Amours, II, 24, 1578
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Le 21 Octobre 2010
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