: voir biographie du texte 2, p. 38.
Ce sonnet est dédié à une mystérieuse inconnue. Il exprime le souvenir ineffaçable d’une première rencontre éblouissante qui continue d’illuminer la réalité présente, malgré le passage du temps.
L’an se rajeunissait en sa verte jouvence1
Quand je m’épris 2de vous, ma Sinope3 cruelle ;
Seize ans étaient la fleur de votre âge nouvelle4,
Et votre teint sentait encore son enfance.
Vous aviez d’une infante5 encor6 la contenance,
La parole, et les pas ; votre bouche était belle,
Votre front et vos mains dignes d’une Immortelle,
Et votre œil, qui me fait trépasser7 quand j’y pense.
Amour, qui ce jour-là si grandes beautés vit,
Dans un marbre, en mon cœur d’un trait les écrivit ;
Et si pour le jourd’hui vos beautés si parfaites
Ne sont comme autrefois, je n’en suis moins ravi8,
Car je n’ai pas égard 9à cela que vous êtes,
Mais au doux souvenir des beautés que je vis.
Pierre de Ronsard, « L’an se rajeunissait en sa verte jouvence », Second livre des Amours, XXX, 1560
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Le 21 Octobre 2010
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