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Français 4e

Synthèse du chapitre

Le fantastique au XIXe siècle : une nouvelle intégrale de Guy de…

Synthèse du chapitre

La littérature s'est toujours nourrie de légendes et de contes faisant intervenir des forces magiques, mais le développement de la littérature fantastique au xixe siècle est sans précédent. Initié en Allemagne à la fin du xviiie siècle (puis avec les célèbres Contes de Hoffman), ce courant connaît son âge d'or en France dans la deuxième moitié du xixe siècle. On peut y voir une remise en cause du règne de la raison et de la transparence et une inquiétude devant les progrès de la science et de l'industrialisation, qui suscite le désir d'explorer sphères inconnues et sciences occultes.
 

Thèmes fantastiques les plus courants
 

Le fantastique se caractérise par l'intrusion de l'irrationnel dans la réalité quotidienne, il suscite une hésitation entre une interprétation rationnelle, raisonnable (mais à laquelle certains détails résistent) et une interprétation surnaturelle. On remarque un certain nombre de thèmes récurrents.
 

Pour faire surgir l'événement fantastique, est souvent mis en place un cadre inquiétant : lieu (cimetière, vieille bâtisse, lande déserte comme dans le texte 1) et moment particuliers (crépuscule ou nuit du texte 4), conditions météorologiques troubles ou agitées (brouillard, tempête, orage). Tout cela contribue à créer un sentiment d'isolement et de confusion.
 

Les frontières entre la raison et la folie, la vie et la mort se brouillent. Les apparitions (fantômes, revenants, ou encore double du personnage) se retrouvent souvent dans les textes fantastiques. De même, on constate que l'inanimé peut y prendre vie (objets ou morts-vivants qui s'animent comme dans le texte 5). Le lecteur peut se demander s'il s'agit d'hallucinations, thème suggéré dans le texte 3 avec le miroir qui semble contenir l'image de la personne disparue. Certains objets ou personnages semblent doués de pouvoirs étranges.
 

Procédés d'écriture du fantastique
 

Puisque le fantastique joue sur l'ambiguïté, le lecteur ne doit pas avoir de réponses à ses différentes interrogations. Afin de créer le doute chez le lecteur, les auteurs choisissent souvent un narrateur à la première personne du singulier (texte 2) : le lecteur s'identifie facilement à ce personnage et accorde du crédit à sa parole car la première personne donne l'illusion de la proximité du narrateur et de l'authenticité du récit. En racontant son histoire, le narrateur utilise un vocabulaire des sensations et des perceptions riche afin que le lecteur puisse éprouver les mêmes impressions que lui.
 

Souvent en état second ou choqué, il se trouve face à des événements inexplicables. La peur suscitée par le récit repose sur la gradation des émotions car on glisse du cadre réaliste vers le fantastique en éprouvant d'abord un sentiment d'inquiétude puis un sentiment de peur pour finir par la terreur. Notre raison remet finalement en cause le surnaturel du récit car le narrateur insuffle le doute au lecteur : il utilise des modalisateurs qui prouvent que rien n'est sûr, et que c'est peut-être lui qui a tout imaginé, ou cauchemardé.
 

Sont souvent utilisées des figures de style comme la personnification lorsque les objets s'animent, ou encore des comparaisons ou métaphores qui créent des analogies entre les deux mondes, réel et surnaturel.

Suggestions de lectures

  • Recueil de nouvelles fantastiques : La Dimension fantastique, Librio, Tomes 1 (1996) à 4 (2007).
  • Des nouvelles réalistes, de Maupassant ou Zola notamment.
  • Recueil de nouvelles à chute : Nouvelles à chute, Magnard, 2004.

Prolongement

Johann Wolfgang von Gœthe (1749-1832), auteur romantique allemand, reprend dans ce poème une légende nordique : il fait allusion à une créature maléfique, l'Erlkönig en allemand, qui vit dans les forêts et conduit les voyageurs vers leur mort. Le Roi des Aulnes est d'abord un personnage légendaire mais il a inspiré de nombreux artistes comme Johann Gottfried von Herder et Paul Verlaine (voir p. 101). Ce poème de Gœthe fut mis en musique par Schubert.

Quel est ce chevalier qui file si tard dans la nuit et le vent ?

C'est le père avec son enfant ;

Il serre le petit garçon dans son bras,

Il le serre bien, il lui tient chaud.

« Mon fils, pourquoi caches-tu avec tant d'effroi ton visage ?

— Père, ne vois-tu pas le Roi des Aulnes ?

Le Roi des Aulnes avec sa traîne et sa couronne ?

— Mon fils, c'est un banc de brouillard.

— Cher enfant, viens, pars avec moi !

Je jouerai à de très beaux jeux avec toi,

Il y a de nombreuses fleurs de toutes les couleurs sur le rivage,

Et ma mère possède de nombreux habits d'or.

— Mon père, mon père, et n'entends-tu pas,

Ce que le Roi des Aulnes me promet à voix basse ?

— Sois calme, reste calme, mon enfant !

C'est le vent qui murmure dans les feuilles mortes.

— Veux-tu, gentil garçon, venir avec moi ?

Mes filles s'occuperont bien de toi

Mes filles mèneront la ronde toute la nuit,

Elles te berceront de leurs chants et de leurs danses.

— Mon père, mon père, et ne vois-tu pas là-bas

Les filles du Roi des Aulnes dans ce lieu sombre ?

— Mon fils, mon fils, je vois bien :

Ce sont les vieux saules qui paraissent si gris.

— Je t'aime, ton joli visage me charme,

Et si tu ne veux pas, j'utiliserai la force.

— Mon père, mon père, maintenant il m'empoigne !

Le Roi des Aulnes m'a fait mal ! »

Le père frissonne d'horreur, il galope à vive allure,

Il tient dans ses bras l'enfant gémissant,

Il arrive à grand-peine à son port ;

Dans ses bras l'enfant était mort.

Johann Wolfgang von Gœthe, Le Roi des Aulnes, 1782, traduction de Charles Nodier

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