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Français 4e

Synthèse du chapitre

Le Roman au XIXe siècle : Les Misérables de Victor Hugo (1862)

Synthèse du chapitre

Le xixe siècle est l'époque de l'essor du roman. Les Misérables (1862) en est l'un des meilleurs exemples, du fait de son ampleur et de ses personnages inoubliables.
 

C'est un roman réaliste représentant l'ensemble de la société et contenant d'abondantes réflexions sur des thèmes comme la politique, la justice ou l'Histoire. Commencé en 1845 sous la Restauration, puis délaissé douze ans et repris en 1860, lorsque Victor Hugo s'est exilé de la France de Napoléon iii, le roman reflète les évolutions politiques de l'auteur, passé par le royalisme et le bonapartisme avant de devenir républicain. Roman engagé, il vise à dénoncer les effets de la pauvreté. Pour Victor Hugo, les « misérables » sont, le plus souvent, des victimes de la société. Le lecteur ressent de la pitié pour des personnages comme Cosette et Gavroche (texte 7). Il ressent aussi de l'admiration pour l'honnêteté d'un Jean Valjean, dont la lutte constitue le cœur de ce roman d'apprentissage : il s'efforce de se protéger de la police, incarnée par Javert, et de sauver son âme, grâce à l'exemple de Monseigneur Myriel dont la bonté est remarquable (textes 2 et 3). La dimension religieuse du combat entre le bien et le mal est importante. Les personnages sont complexes et sont confrontés à des dilemmes (texte 5) : même Javert est déchiré par le doute (texte 6). Certains personnages ignobles comme les Thénardier inspirent au contraire l'indignation (texte 1).
 

Les Misérables est également une œuvre romantique pleine de contrastes et d'images saisissantes. Le souffle épique qui l'anime se manifeste notamment dans la longue évocation de la bataille de Waterloo. Les scènes hugoliennes ont une importante force dramatique et ménagent du suspens (texte 4).
 

Le travail sur la langue, y compris sur l'argot, rappelle que Victor Hugo est l'un des plus grands poètes de la langue française, et ses analyses des sentiments, comme le remords, la peur ou l'amour, montrent sa sensibilité.
 

La richesse et la profondeur des Misérables expliquent le succès jamais démenti de ce roman qui a inspiré de nombreuses adaptations : films de Frank Lloyd (1917), Jean-Paul Le Chanois (1958, voir la page d'ouverture), Robert Hossein (1982, avec Lino Ventura), Claude Lelouch (1995, avec Jean-Paul Belmondo), téléfilm de Josée Dayan (2000, avec Gérard Depardieu et John Malkovich), célèbre comédie musicale de Claude-Michel Schönberg et Alain Boublil (1980, version anglaise en 1985).

Suggestions de lectures

  • Grands romans du xixe siècle
  • Honoré de Balzac, Eugénie Grandet, 1833, Le Père Goriot, 1835.
  • Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, 1844.
  • Paul Féval, Le Bossu, 1857.
  • Théophile Gautier, Le Capitaine Fracasse, 1863.
  • Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, 1831, Claude Gueux, 1834.
  • Alexandre Pouchkine, La Fille du Capitaine, 1836.
  • Stendhal, La Chartreuse de Parme, 1839.
  • Des enfants inoubliables
  • Anonyme, La Vie de Lazarillo de Tormes, 1554.
  • Charles Dickens, Oliver Twist, 1838, David Copperfield, 1850.
  • Rudyard Kipling, Le Livre de la jungle, 1894.
  • Hector Malot, Sans Famille, 1878.
  • Louis Pergaud, La Guerre des boutons, 1912.
  • Jules Renard, Poil de carotte, 1894.
  • Vikas Swarup, Les Fabuleuses Aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire, 2005.
  • Mark Twain, Les Aventures de Tom Sawyer, 1876, Les Aventures de Huckleberry Finn, 1884.
  • José Mauro de Vasconcelos, Mon bel oranger, 1968.

Prolongement

Les romanciers ménagent souvent des rebondissements inattendus dans le parcours de leurs héros. Voici un extrait de l'un des romans les plus célèbres d'Alexandre Dumas(1802-1870). En 1815, Edmond Dantès, victime d'un complot, est injustement emprisonné sur l'île d'If. Il y rencontre un autre prisonnier, l'abbé Faria, qui devient son mentor et ami, et lui lègue un trésor. Mais en 1829 l'abbé meurt. Dantès, épris de liberté comme Jean Valjean, a alors une idée désespérée pour s'échapper et se venger ; le cœur battant, il prend la place du corps dans le linceul, comptant se laisser enterrer hors de la prison et ensuite creuser jusqu'à l'air libre. Enfin, les fossoyeurs viennent et l'emportent. Mais au lieu de descendre les escaliers, ils se mettent à les monter.

Tout à coup, l'air frais et âpre de la nuit l'inonda. Dantès reconnut le mistral. Ce fut une sensation subite, pleine à la fois de délices et d'angoisses.

[Il] entendit déposer près de lui un corps lourd et retentissant ; au même moment, une corde entoura ses pieds d'une vive et douloureuse pression.

[…] On fit cinquante pas à peu près, puis on s'arrêta pour ouvrir une porte, puis on se remit en route. Le bruit des flots se brisant contre les rochers sur lesquels est bâti le château arrivait plus distinctement à l'oreille de Dantès à mesure que l'on avança.

[…] On fit encore quatre ou cinq pas en montant toujours, puis Dantès sentit qu'on le prenait par la tête et par les pieds et qu'on le balançait.

« Une, dirent les fossoyeurs.

— Deux.

— Trois ! »

En même temps, Dantès se sentit lancé, en effet, dans un vide énorme, traversant les airs comme un oiseau blessé, tombant, tombant toujours avec une épouvante qui lui glaçait le cœur. Quoique tiré en bas par quelque chose de pesant qui précipitait son vol rapide, il lui sembla que cette chute durait un siècle. Enfin, avec un bruit épouvantable, il entra comme une flèche dans une eau glacée qui lui fit pousser un cri, étouffé à l'instant même par l'immersion.

Dantès avait été lancé dans la mer, au fond de laquelle l'entraînait un boulet de trente-six attaché à ses pieds.

La mer est le cimetière du château d'If.

Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, 1844 chapitre 20 « Le cimetière du château d'If »

Documents

 

Le Roman au XIXe siècle : Les Misérables de Victor Hugo (1862)

Photo12/Ann Ronan Picture Library

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