A. Construire une nation
- Né d'une défaite, le régime républicain veut construire une nation. Pour cela, il multiplie des élections à tous les échelons administratifs (municipalité, canton, département, etc.) (doc. 1). Le nouveau régime est attentif à l'adhésion des Français à la République, notamment dans les campagnes. L'école laïque, gratuite et obligatoire (doc. 3), le service militaire et la propagande concernant « l'œuvre coloniale » popularisent l'idée nationale. La loi de 1889 définit les critères de la nationalité française par rapport aux étrangers. Face au patriotisme républicain, une certaine partie de l'opposition de droite à la République se construit autour d'un discours nationaliste.
B. La République combat ses ennemis
- La fidélité à l'idée monarchique et à l'Église demeure forte. En 1889, la perspective d'une prise de pouvoir par le général Boulanger, très populaire, fait planer la menace d'un coup d'État (doc. 2). Dans les années 1890, le régime lutte contre une série d'attentats anarchistes meurtriers, contre les manifestations nationalistes antisémites et xénophobes, et réprime violemment des grèves ouvrières. Mais les menaces contre le régime viennent aussi des scandales de corruption de députés qui nourrissent l'« antiparlementarisme ». L'issue longtemps incertaine de l'Affaire Dreyfus (dossier 1) montre néanmoins que le régime reste fidèle à ses valeurs proclamées.
C. L'opposition socialiste
- Au début du xxe siècle, le régime, dominé par le parti radical, bute sur la « question ouvrière » (chapitre 9). Le mouvement ouvrier organisé en Internationale (1889) devient une force politique majeure. Organisé en confédération (CGT en 1895), il se fixe la tâche de réaliser une révolution ouvrière (doc. 4). Sur le plan politique, le parti socialiste (SFIO en 1905) reste majoritairement favorable au régime et à l'action parlementaire. Face à cette opposition, le pouvoir hésite entre la répression et la mise en place très modeste d'une politique sociale.
Jean Eugène Buland (1852-1927), Scène de propagande boulangiste, 1889, huile sur toile, 180 x 190 cm (Musée d'Orsay, Paris) Wikimedia/Oxxo
Dans l’œuvre revendicatrice quotidienne, le syndicalisme poursuit la coordination des efforts ouvriers, l’accroissement du mieux-être des travailleurs par la réalisation d’améliorations immédiates, telles que la diminution des heures de travail, l’augmentation des salaires, etc. Mais cette besogne n’est qu’un côté de l’œuvre du syndicalisme ; il prépare l’émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste ; il préconise comme moyen d’action la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd’hui groupement de résistance, sera dans l’avenir le groupement de production et de répartition, base de réorganisation sociale.
La Charte d’Amiens, congrès de la CGT, 1906
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Le 05 Janvier 2011
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