Après être parti à la découverte du monde (du Moyen-Âge jusqu'au XIXe siècle), les Européens l'ont colonisé. La colonisation, c'est à dire la conquête d'une terre et son exploitation économique, prend plus d'importance au XIXe siècle. Des puissances européennes comme la Grande-Bretagne ou la France, se lancent à la conquête du "monde".
==> Comment se déroule une guerre coloniale ?
On aperçoit d'un coup d'oeil tous les avantages d'une pareille conquête où le roi peut non seulement donner des terres et des apanages à ceux qu'il voudair récompenser et enrichir ; mais il peut fonder de véritables colonies militaires, où la France peut apporter pendant longtemps l'exubérance de sa population."
Rapport du marquis de Clermont-Tonnerre, ministre de la guerre, 1827
Je voulais te faire un long récit de mon expédition mais le temps me manque. Je viens d’écrire huit pages au maréchal[Bugeaud]. La fatigue et la chaleur m’accablent, j’ai passé hier vingt-quatre heures à cheval. Je t’envoie seulement une espècede journal sommaire de mes opérations.
Tu sais que j’avais dirigé mes trois colonnes, de manière à surprendre le chérif [chef de tribu arabe], le 8 par un mouvement combiné. J’ai rejeté Bou Maza [un des chefs de la résistance algérienne] sur les colonnes de Ténès et de Mostaganem qui l’ont tenu entre elles et l’ont poursuivi. Il a fini par s’échapper (...) On m’a rapporté trente-quatre têtes mais c’est la sienne que je voulais.
Le même jour je poussais une reconnaissance sur les grottes ou plutôt cavernes (...) Nous sommes reçus à coups de fusil, et j’ai été si surpris que j’ai salué respectueusement quelques balles, ce qui n’est pas mon habitude. Le soir même, investissement par le 53e sous le feu ennemi, un seul homme blessé. Le 9, commencement des travaux de siège, blocus, mines, pétards, sommations, instances, prières de sortir et de se rendre. Réponse : injures, blasphèmes, coups de fusil… feu allumé. 10, 11 même répétition. Un arabe sort le 11, engage ses compatriotes à sortir, ils refusent. Le 12, onze arabes sortent, les autres tirent des coups de fusils.
Alors, je fais hermétiquement boucher toutes les issues et je fais un vaste cimetière. La terre couvrira à jamais les cadavres de ces fanatiques. Personne n’est descendu dans les cavernes : personne… que moi ne sait qu’il y a là-dessous cinq cents brigands qui n’égorgeront plus les Français. Un rapport confidentiel a tout dit au maréchal, simplement, sans poésie terrible ni images.
Frère, personne n’est bon par goût ou par nature comme moi. Du 8 au 12 j’ai été malade, mais ma conscience ne me reproche rien. J’ai fait mon devoir de chef et demain je recommencerai. Mais j’ai pris l’Afrique en dégoût.
Lettre du colonel Saint-Arnaud à son frère, août 1845, citée par François Maspero in L’Honneur de Saint-Arnaud, © Éditions Points, 1995
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Le 07 Mars 2011
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