- Au début du XIXe siècle, partagée entre l'Empire russe et l'Empire ottoman, la communauté arménienne aspire à former un Etat indépendant.
- Au XIXe siècle, l'Empire ottoman connaît un déclin croissant. Il perd une grande partie de ses possessions européennes (Grèce, terres balkaniques) et d'Afrique du Nord (Tunisie, Egypte). Les Turcs en ressentent une profonde humiliation.
- Gouvernée de façon autocratique par un sultan, l'Empire ottoman impose aux minorités arméniennes chrétiennes le statut de dhimmis c'est-à-dire de "protégés". En réalité, les Arméniens doivent payer un impôt spécial, ont des droits restreints et sont soumis à toute sorte de vexations.
- Sous le sultan Abdul Hamid II, la situation se dégrade encore pour les Arméniens qui se décident à réagir. Ils créeent entre autre vers 1890 la "Fédération révolutionnaire arménienne" afin de résister aux exigences du pouvoir turc. En 1894 par exemple, ils refusent de payer l'impôt réservé aux dhimmis. En 1896, ils attaquent la Banque ottomane de Constantinopole.
- La répression s'accentue. Si quelques Turcs s'opposent aux massacres, des pogroms font de nombreuses victimes. C'est le cas de celui de Constantinople en 1896. Abdul Hamid II est surnommé "le boucher des Arméniens".
- En 1915 et en 1916, l'Empire ottoman est engagé dans la première guerre mondiale. Convaincu que les Arméniens constituent un danger pour la sécurité intérieure du pays, le gouvernement ordonne l'élimination du peule arménien. La population est déportée et massacrée. C'est un véritable génocide.
Victor Bérard, La Politique du sultan, 1897.
"Nous vivions paisiblement à Alachguérd.
Un jour, en 1915, les Turcs ont envahi notre village. Ils ont attrapé les hommes du village, ils les ont enchaînés de force, ils les ont poussés et les ont enfermés dans les étables auxquelles ils ont mis le feu.
Notre parentèle comptait 22 personnes, mais notre famille se composait de 5 personnes: mon père, ma mère, moi et mes deux sœurs.
Mon oncle, ses enfants et petits-enfants, mes tantes, leurs petits-enfants, ainsi que mes parents ont été enfermés dans une étable et incendiés.
Nous, les trois sœurs, sommes restées orphelines, sans maître ni protecteur.
Sur le dur chemin de la déportation, nous marchions avec difficulté sur les cadavres suppliciés, massacrés. Enfin, nous sommes arrivées à Iktir. Puis à Oktempérian (devenu Armavir) , dans le village d'Evtchilar, qui était au bord de l'Araz. Le lendemain matin, l'épidémie de typhus s'est répandue parmi les déportés.
Beaucoup sont morts là-bas. Ma sœur m'a gardée. Nous sommes allées au village de Tchanfita de l'Oktempérian. De tout notre village, ma sœur et moi étions les seules survivantes.
Le Turc nous a massacrés, tués, rendus orphelins, sans maison, sans terre, sans proches parents, moi je ressens la nostalgie de mes parents. Je ne revois mes parents que dans mes rêves.
Mon mari Roupen avait une très grande famille, qui a entièrement été massacrée par les Turcs. Le Turc nous a fait beaucoup de mal. Dieu ne leur pardonnera pas ce qu'ils ont fait".
Récit de Nevart Avédis Kévorkian née en 1910 à Alachguérd
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Page créée par Sophie.Vallery-Radot
Le 12 Mars 2011
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