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Français 4e

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Le roman populaire au XIX°siècle, d'Eugène Sue à Alexandre Dumas

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La suite au prochain numéro

« Chaque soir, écrivait un chroniqueur, pendant la lecture du feuilleton de M. Sue[1], Paris retient son souffle, et les chevaux eux-mêmes regardent par-dessus l’épaule de leur cocher. » Au dix-neuvième siècle, le roman populaire est en effet un véritable phénomène de masse. Le peuple, dont l’instruction a néanmoins considérablement augmenté[2], demeure un lectorat aux attentes limitées qui n’a pas accès aux œuvres difficiles, du reste trop coûteuses et très peu diffusées. Une presse bon marché voit alors le jour[3] et avec elle une nouvelle forme de littérature : le roman-feuilleton ou roman populaire. Le lecteur découvre chaque soir un nouvel épisode du roman et doit patienter jusqu’au prochain numéro du journal pour connaître la suite de l’histoire. Chaque épisode se termine donc par cette formule devenue proverbiale : « La suite au prochain numéro ».

 

« Sa main était froide comme celle d’un serpent » 

Le roman populaire exploite la sensibilité d’une foule qui aime que le héros, toujours beau, courageux et intrépide, affronte tous les dangers, soit écrasé par toutes les calamités, et finisse toujours par triompher sain et sauf, alors que son ennemi, le méchant, toujours laid, sera puni et finira ses jours dans d’atroces souffrances. Les auteurs à succès de ce type de littérature ont une imagination débordante et écrivent des centaines de pages, ne se relisant pas toujours. On trouve alors dans leurs œuvres des non-sens très drôles, signes de la rapidité de leur travail et de leur recherche de l’image marquante. Chez Ponson du Terrail, on retiendra ces deux exemples fameux, lus dans Rocambole : « Le vieux gentilhomme se promenait tout seul dans son parc, les mains derrière le dos en lisant son journal. » et « Sa main était froide comme celle d’un serpent ».


Des histoires pour le peuple

Tout, dans le roman populaire, est fait pour plaire au peuple, par un effet d’identification recherché. Les décors sont essentiellement industriels et urbains et l’on décrit la misère d’un peuple qui hante les bas-fonds de la grande ville. Une atmosphère parfois glauque devient le cadre des horreurs et des mystères entretenus par l’auteur. Les intrigues sont certes invraisemblables et démesurées mais elles reposent sur des thèmes simples et efficaces : l’abandon d’enfants en quête de reconnaissance, la soif de vengeance, l’erreur judiciaire… La dramatisation de situations banales corse le récit et l’utilisation d’un vocabulaire simple permet une compréhension facile. La morale de ces romans est simpliste : le Bien doit triompher du Mal. Le succès de cette littérature est immense : Les Mystères de Paris paraissent au cours d'un feuilleton qui dure près de seize mois et Théophile Gautier prétend que des malades ont attendu la fin de l’histoire pour mourir !

 



[1] Illustre représentant du genre des romans populaires, Eugène Sue est l'auteur des Mystères de Paris.

[2] La loi Guizot de 1833 permet l’ouverture d’écoles primaires
(on en recense 2 275 en 1834).

[3] Deux journaux créés en 1836 : La Presse d’Emile de Girardin et Le siècle d’Armand Dutacq.

 




{"id":"7798","resType":"text","gutType":"55","title":"<strong><span style=\"font-variant: small-caps;\">Une nouvelle forme de litt\u00e9rature : le roman-feuilleton<\/span><\/strong>","datas":{"content":"<p><strong><span style=\"font-variant: small-caps;\">La suite au prochain num\u00e9ro<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span>\u00ab&nbsp;Chaque soir, \u00e9crivait un chroniqueur, pendant la lecture du feuilleton de M. Sue<a title=\"\" href=\"#_ftn1\"><span><span>[1]<\/span><\/span><\/a>, Paris retient son souffle, et les chevaux eux-m\u00eames regardent par-dessus l\u2019\u00e9paule de leur cocher.&nbsp;\u00bb Au dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, le roman populaire est en effet un v\u00e9ritable ph\u00e9nom\u00e8ne de masse. Le peuple, dont l\u2019instruction a n\u00e9anmoins consid\u00e9rablement augment\u00e9<a title=\"\" href=\"#_ftn2\"><span><span>[2]<\/span><\/span><\/a>, demeure un lectorat aux attentes limit\u00e9es qui n\u2019a pas acc\u00e8s aux \u0153uvres difficiles, du reste trop co\u00fbteuses et tr\u00e8s peu diffus\u00e9es. Une presse bon march\u00e9 voit alors le jour<a title=\"\" href=\"#_ftn3\"><span><span>[3]<\/span><\/span><\/a> et avec elle une nouvelle forme de litt\u00e9rature : le roman-feuilleton ou roman populaire. Le lecteur d\u00e9couvre chaque soir un nouvel \u00e9pisode du roman et doit patienter jusqu\u2019au prochain num\u00e9ro du journal pour conna\u00eetre la suite de l\u2019histoire. 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On trouve alors dans leurs \u0153uvres des non-sens tr\u00e8s dr\u00f4les, signes de la rapidit\u00e9 de leur travail et de leur recherche de l\u2019image marquante. Chez Ponson du Terrail, on retiendra ces deux exemples fameux, lus dans <em>Rocambole&nbsp;<\/em><\/span><span>: <span>\u00ab&nbsp;Le vieux gentilhomme se promenait tout seul dans son parc, les mains derri\u00e8re le dos en lisant son journal.&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Sa main \u00e9tait froide comme celle d\u2019un serpent&nbsp;\u00bb.<br><strong><span><span style=\"font-variant: small-caps;\"><br><br>Des histoires pour le peuple<\/span><\/span><\/strong><br><\/span><\/span><\/p>\n<p><span>Tout, dans le roman populaire, est fait pour plaire au peuple, par un effet d\u2019identification recherch\u00e9. Les d\u00e9cors sont essentiellement industriels et urbains et l\u2019on d\u00e9crit la mis\u00e8re d\u2019un peuple qui hante les bas-fonds de la grande ville. Une atmosph\u00e8re parfois glauque devient le cadre des horreurs et des myst\u00e8res entretenus par l\u2019auteur. Les intrigues sont certes invraisemblables et d\u00e9mesur\u00e9es mais elles reposent sur des th\u00e8mes simples et efficaces&nbsp;: l\u2019abandon d\u2019enfants en qu\u00eate de reconnaissance, la soif de vengeance, l\u2019erreur judiciaire\u2026 La dramatisation de situations banales corse le r\u00e9cit et l\u2019utilisation d\u2019un vocabulaire simple permet une compr\u00e9hension facile. La morale de ces romans est simpliste&nbsp;: le Bien doit triompher du Mal. 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Eugène Sue, Les Mystères de ParisRodolphe (le duc de Gérolstein) recherche à Paris sa fille qui lui a été enlevée 16 ans auparavant. Il finit par la retrouver et la venge des infâmes humiliations que lui ont fait subir deux horribles méchants, habitants des bas-fonds parisiens : la Chouette et le Maître d’école.

Xavier de Montépin, La Porteuse de pain La jeune veuve Jeanne Fortier est accusée à tort d’avoir tué son patron et incendié l’usine dans laquelle elle travaillait. Après vingt ans passés en prison, elle s’évade, change d’identité et devient porteuse de pain à Paris où elle se lance à la recherche du véritable criminel.

Ponson du Terrail, RocamboleLes aventures de Rocambole, un criminel qui vole et tue avec panache et humour puis se repentit et devient un justicier masqué. Sa maestria lui vient de l’enseignement qu’il a reçu, jeune homme, d’un véritable génie du mal, "son professeur en fourberie". Ce personnage a donné son nom au style d'écriture rocambolesque.

Paul Féval, Le Bossu : Au dix-septième siècle, un roman-feuilleton de cape et d’épée dans lequel le héros, Lagardère, se déguise en bossu pour assouvir sa vengeance.

Alexandre Dumas, Les Trois MousquetairesSous Louis XIII, le jeune Gascon d’Artagnan gagne la capitale pour devenir mousquetaire. Pour sauver l’honneur de la Reine de France, il s’associera aux trois plus  célèbres mousquetaires du roi :  Athos, Porthos et Aramis. Ils devront se battre contre le puissant Cardinal de Richelieu, le fourbe comte de Rochefort et la belle Milady de Winter.
 


{"id":"7799","resType":"text","gutType":"55","title":"<strong><\/strong><span style=\"font-variant: small-caps;\"><strong>Auteurs, romans et intrigues<br>&nbsp;<\/strong><\/span>","datas":{"content":"<div>&nbsp;<\/div>\n<div><strong><\/strong><span style=\"font-variant: small-caps;\"><strong>Eug\u00e8ne Sue,<\/strong><em><strong>&nbsp;Les Myst\u00e8res de Paris<\/strong><\/em><\/span><em> :&nbsp;<\/em>Rodolphe (le duc de G\u00e9rolstein) recherche \u00e0 Paris sa fille qui lui a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9e 16 ans auparavant. Il finit par la retrouver et la venge des inf\u00e2mes humiliations que lui ont fait subir deux horribles m\u00e9chants, habitants des bas-fonds parisiens : la Chouette et le Ma\u00eetre d\u2019\u00e9cole.<\/div>\n<div><br><strong><span style=\"font-variant: small-caps;\">Xavier de Mont\u00e9pin,&nbsp;<em>La Porteuse de pain <\/em><\/span>:&nbsp;<\/strong>La jeune veuve Jeanne Fortier est accus\u00e9e \u00e0 tort d\u2019avoir tu\u00e9 son patron et incendi\u00e9 l\u2019usine dans laquelle elle travaillait. Apr\u00e8s vingt ans pass\u00e9s en prison, elle s\u2019\u00e9vade, change d\u2019identit\u00e9 et devient porteuse de pain \u00e0 Paris o\u00f9 elle se lance \u00e0 la recherche du v\u00e9ritable criminel.<\/div>\n<div><br>P<strong><\/strong><span style=\"font-variant: small-caps;\"><strong>onson du Terrail, <em>Rocambole<\/em> :&nbsp;<\/strong><\/span>Les aventures de Rocambole, un criminel qui vole et tue avec panache et humour puis se repentit et devient un justicier masqu\u00e9. Sa maestria lui vient de l\u2019enseignement qu\u2019il a re\u00e7u, jeune homme, d\u2019un v\u00e9ritable g\u00e9nie du mal, \"son professeur en fourberie\". Ce personnage a donn\u00e9 son nom au style d'\u00e9criture rocambolesque.<\/div>\n<div><br><strong><\/strong><span style=\"font-variant: small-caps;\"><strong>Paul F\u00e9val, <em>Le Bossu&nbsp;<\/em><\/strong><\/span>:&nbsp;Au dix-septi\u00e8me si\u00e8cle, un roman-feuilleton de cape et d\u2019\u00e9p\u00e9e dans lequel le h\u00e9ros, Lagard\u00e8re, se d\u00e9guise en bossu pour assouvir sa vengeance.<\/div>\n<div><br><strong><\/strong><span style=\"font-variant: small-caps;\"><strong>Alexandre Dumas,&nbsp;<em>Les Trois Mousquetaires<\/em> :&nbsp;<\/strong><\/span>Sous Louis XIII, le jeune Gascon d\u2019Artagnan gagne la capitale pour devenir mousquetaire. Pour sauver l\u2019honneur de la Reine de France, il s\u2019associera aux trois plus &nbsp;c\u00e9l\u00e8bres mousquetaires du roi : &nbsp;Athos, Porthos et Aramis. Ils devront se battre contre le puissant Cardinal de Richelieu, le fourbe comte de Rochefort et la belle Milady de Winter.<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>","title":"&nbsp;","complements":"&nbsp;","credits":null,"credits2":null,"license":null,"source":"0","origine":"","caption":"&nbsp;"},"rubric_order":null}

 

Eugène Sue (1804-1857) est principalement connu pour deux de ses romans-feuilletons : Les Mystères de Paris (1842-1843) et Le Juif errant (1844-1845).

Les Mystères de Paris est un roman-feuilleton français publié par Eugène Sue dans Le Journal des Débats entre le 19 juin 1842 et le 15 octobre 1843. En voici les premières lignes...

Un tapis-franc, en argot de vol et de meurtre, signifie un estaminet ou un cabaret du plus bas étage.

Un repris de justice, qui, dans cette langue immonde, s’appelle un ogre, ou une femme de même dégradation, qui s’appelle une ogresse, tiennent ordinairement ces tavernes, hantées par le rebut de la population parisienne ; forçats libérés, escrocs, voleurs, assassins y abondent.

Un crime a-t-il été commis, la police jette, si cela se peut dire, son filet dans cette fange ; presque toujours elle y prend les coupables. (…)

Ce début annonce au lecteur qu’il doit assister à de sinistres scènes ; s’il y consent, il pénétrera dans des régions horribles, inconnues ; des types  hideux, effrayants, fourmilleront dans ces cloaques impurs comme les reptiles dans les marais.

Ces hommes ont des mœurs à eux, des femmes à eux, un langage à eux, langage mystérieux, rempli d’images funestes, de métaphores dégouttantes de sang.

Comme les sauvages, enfin, ces gens s’appellent généralement entre eux par des surnoms empruntés à leur énergie, à leur cruauté, à certains avantages ou à certaines difformités physiques.

Nous abordons avec une double défiance quelques-unes des scènes de ce récit.

Nous craignons d’abord qu’on ne nous accuse de rechercher des épisodes repoussants, et, une fois même cette licence admise, qu’on ne nous trouve au-dessous de la tâche qu’impose la reproduction fidèle, vigoureuse, hardie, de ces mœurs excentriques.

En écrivant ces passages dont nous sommes presque effrayé, nous n’avons pu échapper à une sorte de serrement de cœur... nous n’oserions dire de douloureuse anxiété... de peur de prétention ridicule.

En songeant que peut-être nos lecteurs éprouveraient le même ressentiment, nous nous sommes demandé s’il fallait nous arrêter ou persévérer dans la voie où nous nous engagions, si de pareils tableaux devaient être mis sous les yeux du lecteur. (…)

Nous sommes presque resté dans le doute ; sans l’impérieuse exigence de la narration, nous regretterions d’avoir placé en si horrible lieu l’explosion du récit qu’on va lire. Pourtant nous comptons un peu sur l’espèce de curiosité craintive qu’excitent quelquefois les spectacles terribles.

Le lecteur, prévenu de l’excursion que nous lui proposons d’entreprendre parmi les naturels de cette race infernale qui peuple les prisons, les bagnes, et dont le sang rougit les échafauds... le lecteur voudra peut-être bien nous suivre. Sans doute cette investigation sera nouvelle pour lui ; hâtons-nous de l’avertir d’abord que, s’il pose d’abord le pied sur le dernier échelon de l’échelle sociale, à mesure que le récit marchera, l’atmosphère s’épurera de plus en plus.

Le 13 décembre 1838, par une soirée pluvieuse et froide, un homme d’une taille athlétique, vêtu d’une mauvaise blouse, traversa le pont au Change et s’enfonça dans la Cité, dédale de rues obscures, étroites, tortueuses, qui s’étend depuis le Palais de Justice jusqu’à Notre-Dame.

 




{"id":"7801","resType":"text","gutType":"55","title":"<strong><em><\/em><span style=\"font-variant: small-caps;\"><em>Incipit <\/em>des <em>Myst\u00e8res de Paris<\/em><\/span><em><\/em><\/strong>","datas":{"content":"<p>Un <em>tapis-franc, <\/em><span>en argot de vol et de meurtre, signifie un estaminet ou un cabaret du plus bas \u00e9tage.<\/span><\/p>\n<p>Un repris de justice, qui, dans cette langue immonde, s\u2019appelle un <em>ogre, <\/em><span>ou une femme de m\u00eame d\u00e9gradation, qui s\u2019appelle une <\/span><em>ogresse, <\/em><span>tiennent ordinairement ces tavernes, hant\u00e9es par le rebut de la population parisienne ; for\u00e7ats lib\u00e9r\u00e9s, escrocs, voleurs, assassins y abondent.<\/span><\/p>\n<p>Un crime a-t-il \u00e9t\u00e9 commis, la police jette, si cela se peut dire, son filet dans cette fange ; presque toujours elle y prend les coupables. (\u2026)<\/p>\n<p>Ce d\u00e9but annonce au lecteur qu\u2019il doit assister \u00e0 de sinistres sc\u00e8nes ; s\u2019il y consent, il p\u00e9n\u00e9trera dans des r\u00e9gions horribles,&nbsp;inconnues ; des types<span>&nbsp;&nbsp;<\/span>hideux, effrayants, fourmilleront dans ces cloaques impurs comme les reptiles dans les marais.<\/p>\n<p>Ces hommes ont des m\u0153urs \u00e0 eux, des femmes \u00e0 eux, un langage \u00e0 eux, langage myst\u00e9rieux, rempli d\u2019images funestes, de m\u00e9taphores d\u00e9gouttantes de sang.<\/p>\n<p>Comme les sauvages, enfin, ces gens s\u2019appellent g\u00e9n\u00e9ralement entre eux par des surnoms emprunt\u00e9s \u00e0 leur \u00e9nergie, \u00e0 leur cruaut\u00e9, \u00e0 certains avantages ou \u00e0 certaines difformit\u00e9s physiques.<\/p>\n<p>Nous abordons avec une double d\u00e9fiance quelques-unes des sc\u00e8nes de ce r\u00e9cit.<\/p>\n<p>Nous craignons d\u2019abord qu\u2019on ne nous accuse de rechercher des \u00e9pisodes repoussants, et, une fois m\u00eame cette licence admise, qu\u2019on ne nous trouve au-dessous de la t\u00e2che qu\u2019impose la reproduction fid\u00e8le, vigoureuse, hardie, de ces m\u0153urs excentriques.<\/p>\n<p>En \u00e9crivant ces passages dont nous sommes presque effray\u00e9, nous n\u2019avons pu \u00e9chapper \u00e0 une sorte de serrement de c\u0153ur... nous n\u2019oserions dire de douloureuse anxi\u00e9t\u00e9... de peur de pr\u00e9tention ridicule.<\/p>\n<p>En songeant que peut-\u00eatre nos lecteurs \u00e9prouveraient le m\u00eame ressentiment, nous nous sommes demand\u00e9 s\u2019il fallait nous arr\u00eater ou pers\u00e9v\u00e9rer dans la voie o\u00f9 nous nous engagions, si de pareils tableaux devaient \u00eatre mis sous les yeux du lecteur. (\u2026)<\/p>\n<p>Nous sommes presque rest\u00e9 dans le doute ; sans l\u2019imp\u00e9rieuse exigence de la narration, nous regretterions d\u2019avoir plac\u00e9 en si horrible lieu l\u2019explosion du r\u00e9cit qu\u2019on va lire. Pourtant nous comptons un peu sur l\u2019esp\u00e8ce de curiosit\u00e9 craintive qu\u2019excitent quelquefois les spectacles terribles.<\/p>\n<p>Le lecteur, pr\u00e9venu de l\u2019excursion que nous lui proposons d\u2019entreprendre parmi les naturels de cette race infernale qui peuple les prisons, les bagnes, et dont le sang rougit les \u00e9chafauds... le lecteur voudra peut-\u00eatre bien nous suivre. Sans doute cette investigation sera nouvelle pour lui ; h\u00e2tons-nous de l\u2019avertir d\u2019abord que, s\u2019il pose d\u2019abord le pied sur le dernier \u00e9chelon de l\u2019\u00e9chelle sociale, \u00e0 mesure que le r\u00e9cit marchera, l\u2019atmosph\u00e8re s\u2019\u00e9purera de plus en plus.<\/p>\n<p>Le 13 d\u00e9cembre 1838, par une soir\u00e9e pluvieuse et froide, un homme d\u2019une taille athl\u00e9tique, v\u00eatu d\u2019une mauvaise blouse, traversa le pont au Change et s\u2019enfon\u00e7a dans la Cit\u00e9, d\u00e9dale de rues obscures, \u00e9troites, tortueuses, qui s\u2019\u00e9tend depuis le Palais de Justice jusqu\u2019\u00e0 Notre-Dame.<\/p>\n<p><span>&nbsp;<\/span><\/p>\n<br data-mce-bogus=\"1\">","title":"<em>Les Myst\u00e8res de Paris<\/em> est un roman-feuilleton fran\u00e7ais publi\u00e9 par Eug\u00e8ne Sue dans <em>Le Journal des D\u00e9bats<\/em> entre le 19 juin 1842 et le 15 octobre 1843. En voici les premi\u00e8res lignes...<br data-mce-bogus=\"1\">","complements":"Eug\u00e8ne Sue (1804-1857)&nbsp;est principalement connu pour deux de ses romans-feuilletons : <em>Les Myst\u00e8res de Paris<\/em> (1842-1843) et L<em>e Juif errant<\/em> (1844-1845).","credits":null,"credits2":null,"license":null,"source":"0","origine":"","caption":"&nbsp;"},"rubric_order":null}

 
Alexandre Dumas vu par le caricaturiste Cham

Le chef quarteron concoctant une bouillabaisse de ses personnages

{"id":"7823","resType":"image","gutType":"59","title":"<strong><\/strong><span style=\"font-variant: small-caps;\"><strong>Alexandre Dumas vu par le caricaturiste Cham<\/strong><\/span>","datas":{"credits":null,"origine":"Cette lithographie au crayon d'Am\u00e9d\u00e9e de No\u00e9, dit Cham (1818-1879), parut \u00e0 propos du drame en cinq actes <em>Les Gardes Forestiers<\/em> (Grand Th\u00e9\u00e2tre de Marseille, 1858) dans <em>Le Charivari<\/em> en 1858.<br><br>http:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/b\/bb\/Alexandre_Dumas_13.jpg<br>","license":"","source":"<br><em>Le chef quarteron concoctant une bouillabaisse de ses personnages<\/em><br>","caption":"<br data-mce-bogus=\"1\">","thumb":"\/upload\/claire21\/thumb.small.p15r7t307vjn61nrit701ma715jt1.jpeg","medium":"\/upload\/claire21\/p15r7t307vjn61nrit701ma715jt1.jpeg","max":"\/upload\/claire21\/max.p15r7t307vjn61nrit701ma715jt1.jpeg","title":""},"rubric_order":null}

Alexandre Dumas (dit aussi Alexandre Dumas père) est un écrivain français né le 24 juillet 1802 (5 thermidor an X) à Villers-Cotterêts (Aisne) et mort le 5 décembre 1870 à Puys, près de Dieppe (Seine-Maritime).

Alexandre Dumas a aussi été tenté par le démon du journalisme au point de lancer son propre quotidien en 1853 : Le Mousquetaire. On y prend connaissance du but poursuivi par l'écrivain entrant dans le jeune monde de la presse. Dans le numéro daté du 5 décembre 1854, il expose l'objectif de sa démarche :

«Lamartine est un rêveur, Hugo est un penseur, et moi je suis un vulgarisateur. Ce qu'il y a de trop subtil dans le rêve de l'un, subtilité qui empêche parfois qu'on ne l'approuve; ce qu'il y a de trop profond dans la pensée de l'autre, profondeur qui empêche souvent qu'on ne la comprenne, je m'en empare, moi, vulgarisateur; je donne un corps au rêve de l'un; je donne de la clarté à la pensée de l'autre; et je sers au public ce double mets.»


Article d'Alexandre Dumas paru dans Le Mousquetaire le 5 décembre 1854.

{"id":"7900","resType":"text","gutType":"55","title":"<strong><\/strong><span style=\"font-variant: small-caps;\"><strong>Alexandre Dumas, le \u00abvulgarisateur\"<\/strong><\/span>","datas":{"content":"\u00abLamartine est un r\u00eaveur, Hugo est un penseur, et moi je suis un vulgarisateur. Ce qu'il y a de trop subtil dans le r\u00eave de l'un, subtilit\u00e9 qui emp\u00eache parfois qu'on ne l'approuve; ce qu'il y a de trop profond dans la pens\u00e9e de l'autre, profondeur qui emp\u00eache souvent qu'on ne la comprenne, je m'en empare, moi, vulgarisateur; je donne un corps au r\u00eave de l'un; je donne de la clart\u00e9 \u00e0 la pens\u00e9e de l'autre; et je sers au public ce double mets.\u00bb<br data-mce-bogus=\"1\">","title":"Alexandre Dumas a aussi \u00e9t\u00e9 tent\u00e9 par le d\u00e9mon du journalisme au point de lancer son propre quotidien en 1853 :&nbsp;<em>Le Mousquetaire<\/em>.&nbsp;On y prend connaissance du but poursuivi par l'\u00e9crivain entrant dans le jeune monde de la presse. Dans le num\u00e9ro dat\u00e9 du 5 d\u00e9cembre 1854, il expose l'objectif de sa d\u00e9marche :<br><br data-mce-bogus=\"1\">","complements":"Alexandre Dumas&nbsp;(dit aussi Alexandre Dumas p\u00e8re) est un \u00e9crivain fran\u00e7ais n\u00e9 le 24 juillet 1802 (5 thermidor an X) \u00e0 Villers-Cotter\u00eats (Aisne) et mort le 5 d\u00e9cembre 1870 \u00e0 Puys, pr\u00e8s de Dieppe (Seine-Maritime).","credits":null,"credits2":null,"license":null,"source":"0","origine":"","caption":"Article d'Alexandre Dumas paru dans <em>Le Mousquetaire<\/em> le 5 d\u00e9cembre 1854."},"rubric_order":null}

 
Le Mousquetaire, journal créé par Alexandre Dumas

Première page du Mousquetaire, le quotidien créé par Alexandre Dumas en 1853.

{"id":"7899","resType":"image","gutType":"59","title":"<strong><em><\/em><\/strong><span style=\"font-variant: small-caps;\"><strong><em>Le Mousquetaire<\/em>, journal cr\u00e9\u00e9 par Alexandre Dumas<\/strong><\/span>","datas":{"credits":null,"origine":"Gallica BnF&nbsp;<br><a href=\"http:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k56128782.image.langFR\">http:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k56128782.image.langFR<\/a>","license":"","source":"Premi\u00e8re page du&nbsp;<em>Mousquetaire,<\/em> le quotidien cr\u00e9\u00e9 par Alexandre Dumas en 1853.","caption":"<br data-mce-bogus=\"1\">","thumb":"\/upload\/deborah\/thumb.small.p15so5lnmp1vtv1slp1fkd149a15dn1.jpg","medium":"\/upload\/deborah\/p15so5lnmp1vtv1slp1fkd149a15dn1.jpg","max":"\/upload\/deborah\/max.p15so5lnmp1vtv1slp1fkd149a15dn1.jpg","title":""},"rubric_order":null}
Alexandre Dumas vu par le caricaturiste Gill

Caricature d'Alexandre Dumas par Gill, publiée à la une du journal La Lune du 9 décembre 1848.

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Le 16 Mars 2011

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