De Marc Chagall à Paul Eluard : Poésie et peinture : arts de la métaphore et du lyrisme :
OBJECTIFS DE LA SEANCE
- Analyser une oeuvre d'art (premières impressions, composition, analyse technique et interprétations)
- Repérer et interpréter les symboles du lyrisme
- Etudier la représentation de la métaphore dans une oeuvre d'art
- Passer de l'étude collective à l'écriture individuelle (sujets d'imagination ou d'analyse picturale)
I. Quelques notes biographiques sur Marc Chagall :
Né dans une famille juive à Vitebsk (Russie) en 1887, Moyshe Shagalà passe son enfance en Biélorussie ; très tôt, il étudie la peinture, s’intéresse au post-impressionnisme et à l’expressionnisme, aux côtés d’un peintre juif avant de se rendre à Saint-Petersbourg où il fait un bref passage par l’Ecole Impériale d’Encouragement des Arts (équivalent de notre école des Beaux-Arts) avant de rencontrer Bella Rosenfeld pour laquelle il voue une admiration et un amour sans faille. Puis en 1911, grâce à un mécène, il part pour Paris où il s’installe à la Ruche ; il fait alors connaissance avec Modigliani, Jean-Paul Laurens et Fernand Léger mais aussi avec les poètes Guillaume Apollinaire et Blaise Cendrars. L’année suivante, il expose au Salon des Indépendants. Les expositions se succèdent alors : Paris, Amsterdam, Berlin, Moscou… La guerre le retenant en Russie, il épouse Bella Rosenfeld ; de leur union naît une fille en 1917. Toujours à Moscou, il multiplie les contacts, est nommé commissaire pour les arts, crée des décors de théâtre, donne des cours de dessins à des orphelins de guerre… Puis Chagall parcourt le monde et s’enrichit des techniques artistiques en vogue dans chacune des villes qu’il traverse : à Berlin il étudie la gravure, à Paris il illustre les Fables de La Fontaine, en Palestine il illustre la Bible, et il parcourt la Hollande, l’Espagne, la Pologne, l’Italie avant que la Seconde Guerre Mondiale ne l’oblige à s’expatrier à New-York. La guerre finie, son épouse disparue, il embarque pour la France et s’installe dans le Sud de la France. Dès lors, il se consacre essentiellement aux vitraux des cathédrales (Reims, Jérusalem) et aux hauts lieux tels que les plafonds de l’Opéra de Paris ou les murs du Parlement de Jérusalem. Au sommet de sa gloire, il meurt en 1985.
Il serait intéressant de faire ressortir l’idée selon laquelle Marc Chagall se situe au croisement des cultures et des mouvements artistiques ; influencé par le fauvisme et le cubisme, ayant quelques accointances avec le surréalisme, jamais pourtant il ne souhaita adhérer à un quelconque mouvement ou à une quelconque école; néanmoins, il s’enrichit de chacune de ces voies artistiques pour créer sa « révolution de fond », mélange de souvenirs et d’images oniriques qui racontent sa vie, la vie. En 1958 il écrira : "Elle [La peinture] me semble être une fenêtre par laquelle je pouvais m'envoler dans un autre monde"; plus tard: "Ne m'appelez pas fantaisiste, dira-t-il, au contraire, je suis réaliste. J'aime le monde".
II. Le tableau de Marc Chagall : Le quai de Bercy, 1954 :
( Pour voir d'autres oeuvres de Marc Chagall
http://www.marcchagall.narod.ru/ )
III. Le texte de Paul Eluard : "La Courbe de tes yeux", Capitale de la douleur, 1926 :
http://barkokhba.chez.com/litt/eluard.htm
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