L'empire que dirigent les Abbassides s'étend sur l'Espagne, l'Afrique du Nord, l'Arabie, la Syrie, la Perse, jusqu'aux limites de l'Inde et de l'empire byzantin.
C'est un empire très étendu, habité par des peuples très divers. Certains ne sont pas musulmans mais tous reconnaissent l'autorité du calife.
Ces populations se rencontrent dans les villes. On y vient pour faire du commerce, des études dans les madrasas, ou en pèlerinage lors des grandes fêtes musulmanes.
Les Abbassides fondent une nouvelle capitale, en 762 : Bagdad (doc. 1). Au centre de la ville encerclée par une muraille, on trouve la grande mosquée et le palais. Bagdad symbolise l'étendue de l'empire et sa variété, ainsi que l'autorité du calife.
L'architecture raffinée des villes et leur développement sont le signe d'une intense activité économique. Les artisans (doc. 2) produisent du textile (tapis, tissus) ou travaillent les métaux. Le souq rassemble les marchands. On y échange les produits de toutes les régions de l'empire (épices, objets précieux…).
Cette prospérité se retrouve dans les arts, souvent inspirés des différentes cultures de l'empire comme la culture iranienne ou celle des empires voisins comme la Chine.
L'architecture des mosquées se développe avec l'usage des voûtes et des ornements sculptés. Les artisans fabriquent des objets dans des matières précieuses (or, argent, cuivre, ivoire) ou encore des céramiques peintes. Un art particulier se distingue, dans les manuscrits comme dans les inscriptions : la calligraphie.
Les califes comme Haroun al-Rashid (786-809) et son successeur al-Mamoun (813-833) encouragent la philosophie, la théologie, les mathématiques et la géométrie.
Bagdad est fondée par le calife Al-Monsour (754-775), selon un plan circulaire. Elle devient la capitale de l’empire abbasside.
Aucune autre ville ni en Orient ni en Occident n’est aussi vaste, ne possède des eaux aussi abondantes et ne jouit d’un climat aussi sain. Des hommes de toutes origines et de différentes contrées et provinces y résident. Ainsi s’y trouve réuni ce qui n’existe dans aucune autre ville du monde. Les marchandises arrivent en abondance de l’Orient et de l’Occident, des pays musulmans et des autres. On dirait que tous les biens de l’univers y ont afflué en abondance.
D’après le Livre des Pays, de Al-Yakoubi, 891
On raconte, entre autres histoires, qu’une nuit, le calife Haroun Al-Rashid se sentit un grand vague à l’âme. Il appela son vizir, Ja‘far le Barmécide, et lui dit :
-J’ai le cœur en peine. Je veux, cette nuit même, me promener dans les rues de Bagdad et voir un peu comment vont les affaires des gens. Mais à une condition : nous allons nous habiller en marchands, pour n’être reconnus de personne.
Le vizir se plia à cet ordre. Aussitôt, ils quittèrent les vêtements de leurs prestigieuses fonctions pour passer ceux des commerçants. Ils étaient trois : le calife, Ja‘far et Masrûr, le porte-glaive. Allant de-ci de-là, ils arrivèrent au Tigre, où ils virent un vieil homme assis dans une barque. Ils s’avancèrent, le saluèrent et lui dirent : Bonhomme, nous voudrions que tu nous fasses l’amitié et la bonté de nous emmener promener sur ta barque. Voici un dinar pour ta peine.
Et l’aube chassant la nuit, Shahrâzâd dut interrompre son récit.
Les Mille et une nuits sont un recueil de contes issus probablement de la littérature indienne ou persane, traduit en arabe et recomposé au viie ou au ixe siècle. C’est un exemple de la variété culturelle de l’empire abbasside. 285e nuit, édition de J. Bencheikh et A. Miquel, Gallimard, 1991
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Le 27 Mai 2010
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