Le seigneur exerce ses droits sur le territoire qu'il doit administrer et défendre, en général un village et un château (chapitre 2). Il reçoit ce territoire, appelé fief, du suzerain dont il est le vassal.
La relation personnelle entre un suzerain et son vassal entraîne des obligations réciproques : le seigneur doit protéger son vassal et lui conserver son fief, sauf en cas de faute grave. Le vassal doit « aide et conseil » à son seigneur, c'est-à-dire l'aider à rendre la justice, l'accompagner au combat, lui prêter de l'argent si le seigneur marie sa fille ou doit verser une rançon, être fidèle comme promis pendant la cérémonie de l'« hommage » (doc. 4).
Cet ensemble de liens entre un seigneur et son vassal constitue la féodalité.
En 987, Hugues Capet devient roi de France à la mort du dernier roi carolingien. Ses descendants, appelés Capétiens, régneront en France jusqu'au xviiie siècle.
La France, comme ses voisins, est divisée en de nombreux territoires (doc. 1) dirigés par des comtes, sur lesquels le roi a peu d'autorité. Son autorité réelle se limite au domaine royal, grand domaine placé sous l'autorité directe du roi, situé entre Laon et Orléans.
Même les territoires des comtes sont morcelés en territoires plus petits, qui sont confiés à des seigneurs moins puissants.
Les rapports des vassaux à leurs seigneurs constituent une pyramide au sommet de laquelle se trouve le roi.
Au xie siècle, même si les grands vassaux prêtent difficilement hommage au roi, celui-ci reste tout de même un personnage sacré (doc. 3), qui doit assurer la paix et la justice dans son royaume. Le roi est investi du pouvoir pendant la cérémonie du sacre, à Reims (doc. 2).
Le sacre du roi d’après un Ordre de la consécration et du couronnement du roi de 1280 BNF
L’exemple invoqué est celui du roi franc Clovis, baptisé en 496 par l’évêque de Reims, Rémi.
Comme saint Rémy baptisait Clovis avec son peuple, le Saint-Esprit, ou bien un ange, apparut sous la forme d’une colombe descendant du ciel et apportant une fiole pleine de la liqueur du saint chrême ; c’est de ce chrême que ce roi lui-même, et après lui tous les rois de France, nos prédécesseurs et moi-même à mon tour, aux jours de la consécration et du couronnement, Dieu étant propice, Nous reçûmes l’onction par laquelle, sous l’influence de la clémence divine, une telle vertu et une telle grâce sont répandues dans les rois de France que, par le seul contact de leurs mains, ils défendent les malades du mal des écrouelles1.
Charte de Charles V en faveur des chanoines de la cathédrale de Reims, 1380 Charte de Charles V en faveur des chanoines de la cathédrale de Reims, 1380
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Le 27 Mai 2010
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