Au xiie siècle, les rois capétiens pacifient et unifient leur domaine. Louis VI et ses successeurs mettent en valeur le domaine par des défrichements et affirment leur autorité sur leurs vassaux (doc 4). Ils créent une première admi-nistration avec des officiers domestiques chargés des revenus et dépenses du domaine. Cette reprise en main augmente les ressources économiques de la royauté.
Les rois utilisent le système féodal pour asseoir leur autorité sur le royaume et mettre un terme à l'autonomie des principautés. Ils imposent aux princes de prêter hommage, donc d'être de fidèles vassaux soumis à la suzeraineté du roi.
Le domaine royal est agrandi par les mariages du roi, par la confiscation de fiefs et par la guerre (voir la carte de l'Europe à la fin du xve siècle sur lelivrescolaire.fr). Charles VII, avec Jeanne d'Arc, et son fils Louis XI (dossiers 1 et 2) achèvent cet agrandissement au xve siècle.
Le roi impose ses ordonnances et sa monnaie dans le royaume (doc. 1 et 3). Une armée professionnelle est formée, qui remplace les armées fournies par les vassaux du roi. Enfin, le roi refuse au pape le droit d'intervenir dans les affaires du royaume.
L'autorité croissante du roi dans le royaume rend nécessaire le développement de l'administration : le Conseil participe à la direction du royaume, la Chambre des Comptes gère les revenus et dépenses, et le Parlement les affaires judiciaires. Dans les provinces, le roi est représenté par les baillis et les sénéchaux (doc.?3).
Pour entretenir l'armée et l'administration, le roi lève des taxes et, à partir du xive siècle, un impôt régulier (doc. 1). Cette levée nécessite l'accord des représentants du royaume, réunis en assemblées ou « États ».
Nous Philippe, par la grâce de Dieu roi de France, faisons savoir à tous que pour la réformation de notre royaume qui, dans les temps écoulés, a été atteint par les adversités des temps et des guerres ainsi que par plusieurs événements néfastes, avons délibéré et pris quelques dispositions que nous faisons connaître, ainsi que des règlements utiles et salutaires pour le gouvernement et le bon état du royaume susdit, pour la paix et la tranquillité de nos sujets. [...]
Nous enverrons des personnes bonnes et efficaces dans les baillies et sénéchaussées de notre royaume, pour prendre connaissance des anciennes coutumes de notre royaume, et pour s’informer de la manière dont elles étaient observées au temps du bienheureux saint Louis. Nous voulons que s’ils découvrent que, depuis ce temps, certaines coutumes bonnes et approuvées ont été abolies et qu’il s’est introduit des coutumes injustes, ils révoquent celles-ci et les fassent révoquer, et qu’on revienne à l’ancienne situation.
Ordonnances des rois de France de la troisième race, 1723 Ordonnances des rois de France de la troisième race, 1723
Tandis que le roi donnait son attention aux guerres dont nous avons parlé et à plusieurs autres, Thomas de Marie, un homme de la pire espèce, avait ravagé le pays de Laon, de Reims et d’Amiens. Il alla jusqu’à arracher au monastère de religieuses de Saint-Jean de Laon deux excellents domaines.
Fatiguée des intolérables vexations de cet homme, l’Église des Gaules se réunit à Beauvais en un concile1 général.
Cédant à la prière et aux plaintes d’un si grand concile, le roi met très vite son ost en mouvement contre lui et, accompagné du clergé, auquel il fut toujours humblement attaché, se tourne vers le château solidement fortifié de Crécy.
Ayant détruit ces châteaux illégitimes et restitué à Saint-Jean les domaines, il s’en retourna à Amiens et mit le siège devant la tour de cette cité, tour occupée par Adam, un tyran qui dévastait les églises et tout le voisinage. Après l’avoir tenue étroitement assiégée pendant près de deux ans, il en accula les défenseurs à se rendre et la prit d’assaut ; après quoi il la renversa de fond en comble et, par cette subversion, rétablit très heureusement la paix dans le pays, s’acquittant en cela de son devoir de roi, car ce n’est pas « sans juste cause qu’il porte l’épée.
D’après Suger, Vie de Louis VI le Gros, xiie siècle D’après Suger, Vie de Louis VI le Gros, xiie siècle
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Le 27 Mai 2010
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