La traite transsaharienne est une des traites d'esclaves qu'a connue l'Afrique. D'une durée de un à trois mois, la traversée du Sahara était excessivement pénible et dangereuse pour les esclaves?; bien peu arrivaient à destination. Commencée au viie siècle, cette traite a perduré jusqu'au xixe siècle.
Comment s'organise ce trafic marchand sur une aussi longue durée ?
Il y a le pays de Zawila, dans la direction du sud. La population est musulmane. Ils exportent des esclaves sudan1. On m'a rapporté que des rois des Sudan vendent ainsi des Sudan sans raison et sans [le motif] de la guerre.
Au-delà de Zawila, à quinze jours de marche, on rencontre la ville de Kawar. Là, il y a une population musulmane de toute provenance, en majorité berbère, assurant la traite des Sudan.
D’après Al-Yakubi, ixe siècle D’après Al-Yakubi, ixe siècle
J’achetai deux chameaux de selle pour me rendre au Tuwât. J’avais pris des provisions de grain pour soixante dix jours car on n’en trouve pas entre Takaddâ et le Tuwât. Je quittai Takaddâ, jeudi 11 du mois de sha’bân’ 754 [30 octobre 1353] avec une importante caravane [commandée par] Ja’Far at-Tuwâti, homme expérimenté. La caravane comptait près de six-cents femmes esclaves.
Nous marchâmes encore dix jours pour arriver dans le Hoggar qui est le pays d’une tribu berbère d’hommes voilés, des vauriens. Un de leurs chefs vint à notre rencontre, arrêta la caravane jusqu’à ce qu’elle versât un tribut de tissus et autres marchandises. Nous arrivâmes dans le mois de ramadan durant lequel les habitants ne font pas d’expéditions guerrières, ni ne s’opposent au passage des tribus…
Nous voyageâmes un mois dans le Hoggar : c’est une région où la végétation est rare, qui est rocailleuse et dont la route est accidentée. Nous arrivâmes à Buda, qui est une des grandes localités du Tuwât le jour de la fête de la rupture du jeune. Le sol y est sablonneux, marécageux et sale. Les habitants se nourrissent de dattes et de sauterelles qui abondent et qu’on stocke comme les dattes…
Nous restâmes quelques jours à Bûdâ, puis nous partîmes avec une caravane pour atteindre Sijilmassa. Je quittai la ville le 2 du mois de dhû al-hijja [29 décembre 1353]. C’était au moment des grands froids et la route était encombrée de neige… Le jour de la fête des sacrifices [6 janvier 1354], nous atteignîmes Dâr at Tama où je demeurai jusqu’au lendemain. J’arrivai enfin à Fès, capitale de notre maître l’Émir des croyants.
D’après Ibn Battuta, Présent à ceux qui tiennent à réfléchir sur les curiosités des villes et les merveilles des voyages, xive siècle D’après Ibn Battuta, Présent à ceux qui tiennent à réfléchir sur les curiosités des villes et les merveilles des voyages, xive siècle
Réaliser, à partir d'un ensemble de sites, un dossier sur l'abolition de l'esclavage.
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Le 27 Mai 2010
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