Au début du xvie siècle, certains fidèles pensent que l'Église doit être réformée. Selon eux, les évêques et le pape se comportent comme des princes ; les moines et les prêtres sont peu instruits et immoraux. Il y a une vraie crainte de la mort et de l'enfer chez les chrétiens (chapitre 4), que l'Église n'arrive pas à apaiser.
Certains chrétiens sont en particulier scandalisés par le commerce des indulgences. Pour achever la construction de la basilique Saint-Pierre à Rome, le pape met en vente des indulgences : ceux qui en achètent réduisent la peine à endurer pour leurs péchés après leur mort. En 1517, le moine allemand Martin Luther énonce 95 thèses qui dénoncent cette pratique (doc. 1 et 4).
La publication des thèses marque le début de l'opposition entre Luther et la papauté. Luther exprime des idées nouvelles qui s'écartent de la doctrine catholique : c'est la foi seule du croyant qui compte et non ce qu'il a accompli durant sa vie ; il n'y a pas sept mais deux sacrements (le baptême et la communion) ; les fidèles doivent lire la Bible dans leur propre langue et non en latin ; les prêtres peuvent se marier et le culte des saints et de la Vierge n'est pas conseillé. Luther est excommunié par le pape en 1 521. Ces partisans se réunissent en une nouvelle église : l'Église protestante ou réformée (doc. 2 et 3).
Les idées de Luther se répandent vite en Europe grâce à l'imprimerie. D'autres Églises protestantes naissent à la suite de celle de Luther : le français Jean Calvin, à Genève, fonde une nouvelle Église réformée plus intransigeante que celle de Luther (dossier 1). En Angleterre, le roi Henri VIII se sépare du pape pour pouvoir divorcer sans son autorisation et être plus indépendant. Il se proclame chef de l'Église anglicane. Son Église conserve une organisation et une liturgie proches du catholicisme.
Désormais l'Europe est déchirée religieusement.
– Ceux qui pensent que des lettres d’indulgences leur assurent le salut seront éternellement damnés.
– Il faut prêcher avec prudence les indulgences du Pape, afin que le peuple ne vienne pas à s’imaginer qu’elles sont préférables aux bonnes œuvres de la charité.
Pourquoi le Pape n’édifie-t-il pas la basilique de Saint-Pierre de ses propres deniers, plutôt qu’avec l’argent des pauvres fidèles, puisque ses richesses sont aujourd’hui plus grandes que celles de l’homme le plus riche ?
D’après Luther, Les 95 thèses, 1517 D’après Luther, Les 95 thèses, 1517
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Le 27 Mai 2010
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