Des débuts de la Réforme (1517) au traité de Westphalie (1648), l'Europe est touchée par une série d'affrontements plus ou moins violents entre catholiques et protestants : ces oppositions s'expriment dans des pamphlets ou des chansons qui critiquent et se moquent des adversaires religieux, ou dans des destructions d'objets sacrés (iconoclasme). Elles débouchent souvent sur des guerres et des massacres, à l'échelle du pays ou de l'Europe entière. Dans bien des cas, des causes politiques se mêlent alors aux causes religieuses des conflits.
Quelles formes prennent les affrontements entre catholiques et protestants aux XVIe et XVIIe siècles ?
Pauvres papistes1, retournez-vous.
À Jésus qui est mort pour nous.
Pauvres papistes débonnaires
Qui désirez à Jésus plaire,
Votre ignorance a trop duré,
Trop d’erreurs enduré.
Laissez-moi l’idole de Rome2,
Cet Antéchrist3 qui tout consomme.
Renoncez à tous ces larrons,
Avec leurs bulles et pardons4.
Laissez-moi ces malheureux prêtres,
Plus que Judas méchants et traîtres,
Qui Jésus une fois vendit,
Et rendant l’argent, se pendit.
Anonyme, Le sac de Lyon par les calvinistes en 1562, xvie siècle (Musée Gadagne, Lyon) Source : Wikimedia co
Nous considérons que la décadence de notre Église a été la cause de la naissance des hérésies, et que la réforme de l’Église permettra de les éteindre. Il faut dorénavant que nous fassions preuve de vertus et bonnes mœurs, et puis assaillir les protestants avec les armes de charité, prières, persuasions, paroles de Dieu, qui sont propres à un tel combat. La douceur donnera plus de profit que la rigueur. Supprimons ces mots diaboliques, noms de partis, factions et séditions, luthériens, huguenots1, papistes : gardons seulement le nom de chrétien.
D’après le discours de Michel de L’Hospital devant les États généraux en 1560 D’après le discours de Michel de L’Hospital devant les États généraux en 1560
Une quinzaine de détachements, à pied, à cheval furent répartis en divers lieux. Ils sonnèrent la cloche pour donner aux papistes le signal du massacre.
Par les rues une bande succédait à l'autre sans interruption, surtout au quartier des libraires. Plusieurs de ces derniers furent précipités du haut de leur maison dans le feu où flambaient les livres. Les femmes avec leurs enfants dont elles ne voulaient pas se séparer, étaient traînées vers la Seine, percées de coups, jetées dans le fleuve en si grand nombre que le fleuve se teignit de rouge... Bref, le carnage1 se prolongea du dimanche 24 août à minuit jusqu'au lendemain ; plus de dix mille créatures, hommes, femmes, jeunes, vieux, furent misérablement égorgés en vingt-quatre heures.
D’après les Mémoires de Luc Geizkofier (1550-1620), étudiant allemand protestant, présent à Paris durant la nuit de la Saint-Barthélemy D’après les Mémoires de Luc Geizkofier (1550-1620), étudiant allemand protestant, présent à Paris durant la nuit de la Saint-Barthélemy
F. Dubois, Le massacre de la Saint-Barthélemy le 24 août 1572, vers 1576 (Musée cantonal de Lausanne) Photos12.com - ARJ
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Le 27 Mai 2010
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