L'entrée royale, cérémonie spectaculaire qui met en scène le pouvoir représenté par le souverain et témoigne de sa mainmise symbolique sur le territoire dont sa propre personne incarne l'unité politique.
Comment une "entrée royale" permet-elle au roi d'affirmer son pouvoir ?
Un texte issu des Mémoires de la vie du maréchal de Vieilleville.
« Elle [L’entrée royale] se fit donc le 16 juin 1549 […]. Sa Majesté, pour honorer sa grande ville de Paris, avait fait convoquer tous les princes, grands seigneurs de son royaume, qui sont presque infinis, et tout sa maison en général […]. La Cour fut si nombreuse que l’on compta deux milles pages qui marchaient devant leurs maîtres, portants lances, armes... […]. Les Parisiens, d’autre part, pour ne pas être ingrats envers leur prince souverain, firent des merveilles pour bien le recevoir car chaque place et chaque carrefour fut garnit d’un théâtre, ou d’un arc triomphant, ou d’une pyramide, ou d’un obélisque, ou d’un colosse de nos anciens rois. D’excellents et ingénieux artifices furent élaborés, où l’or et l’azur n’étaient pas épargnés. […] Mais il faut noter que malgré le grand nombre de personnes, tous marchaient en cette entrée dans l’ordre. »
Livre quatrième des Mémoires de la vie du Maréchal de Vieilleville (adaptation : texte complet original) BNF Livre quatrième des Mémoires de la vie du Maréchal de Vieilleville (adaptation : texte complet original)
Adam Frans van der Meulen, Entrée de Louis XIV et de Marie-Thérèse à Arras. 30 juillet 1667
L’Entrée « rejouait » symboliquement le sacre du roi, sa première présentation au peuple, mais il ne s’agissait plus d’un sacre unique et statique ; au contraire, il adoptait le modèle de la procession et pouvait se répéter à plusieurs reprises dans une même ville durant le règne d’un monarque. Dans la France de l’Ancien Régime, une entrée était toujours un événement pour le pouvoir, puisque les institutions royales et municipales resserraient les liens qui les unissaient et se célébraient mutuellement, non sans tensions et rapports de force. Les Entrées avaient pour cadre un décor provisoire, qui ne durait, comme elles, qu’une journée.
Pascal Lardellier, Les entrées royales et leur récit, 1999. Cour-de-france.fr Pascal Lardellier, Les entrées royales et leur récit, 1999.
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Le 27 Mai 2010
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