Le Brésil possède d'importantes réserves foncières, principalement forestières. Depuis quelques décennies, de multiples fronts pionniers ont été créés aux marges de l'Amazonie, ce qui occasionne des tensions économiques et sociales ainsi que des problèmes environnementaux.
Comment et pourquoi le Brésil organise-t-il ses fronts pionniers ?
Ces régions ont pris de l'importance au cours des années 1970. Les fronts pionniers permettaient alors d’intégrer l'Amazonie à l'espace national, et semblaient la solution au problème des petits paysans sans terres.
C'est la création des routes en Amazonie qui a permis la colonisation de cette région.
L'occupation agricole a tenu un grand rôle dans le peuplement et la mise en valeur de l'Amazonie. Très vite, le manque de fertilité1 des sols pousse les agriculteurs toujours plus loin à la conquête de terres dont on espère de meilleurs rendements2. Le front pionnier, parti du sud et du littoral est, se déplace vers le nord et l'ouest du pays.
L'élevage bovin, dans des grands domaines, connait une progression fulgurante dans les années qui suivent. Au milieu des années 1980, l'exploitation forestière s'ajoute aux deux précédentes.
D‘après Hervé Théry et Marie-François Fleury, 1997 D‘après Hervé Théry et Marie-François Fleury, 1997
Paulo, à peine quarante ans, Ricardo et Jaime, la trentaine, quittèrent un jour leur famille, sur la promesse d’un lointain eldorado1 : le sud de l’état du Parà où il fallait des bras pour défricher afin de créer des pâtures. Le sergent recruteur offrait un salaire de 50 reals (environ 45 dollars) par alqueire (5 hectares) défriché : « Il te faudra une semaine pour le faire », précisait-il. Pour ces sans-emploi et ces sans-terre, l’offre parut alléchante.
« [Lorsque] nous arrivâmes à destination, loin de tout village, encerclés par les jaguars, les cobras et les moustiques, le sergent recruteur nous intima l’ordre de construire notre campement. On fit des abris sur pilotis2 avec des branchages, on creusa des trous pour le four, et on alla se désaltérer dans le rio3 qui stagnait dans le voisinage. Puis on prit nos machettes et on se mit à défricher, de 4 heures du matin à 10 heures le soir. »
Il fallut se rendre à l’évidence. Ce n’était pas une semaine, mais le triple, qu’il fallait pour défricher un seul alqueire. De plus, le tarif de 50 reals fut d’emblée ramené à 20.
D’après Danielle Rouart, Le Monde, 25 avril 1998 D’après Danielle Rouart, Le Monde, 25 avril 1998
17 % de la forêt [amazonienne] ont été détruits en cinq ans, entre 2000 et 2005. Au cours de cette période, 857 000 km² d'arbres - l'équivalent de la surface du Venezuela - sont partis en fumée ou ont été passés à la coupe rase.
La colonisation de l'Amazonie s'accompagne d'une multiplication des conflits avec les populations locales dans un contexte où les droits de propriété restent peu clairement définis. [Le PNUE1] stigmatise un modèle de développement déplorable socialement. La richesse tirée de l'exploitation des ressources naturelles n'est, dans la majorité des cas, pas réinvestie sur place. [Le PNUE] souligne aussi l'impact de la dégradation de l'environnement, de la pollution des cours d'eau sur l'accroissement des carences alimentaires ou la propagation de certaines maladies comme la dengue ou le paludisme2.
D’après Laurence Caramel, Le Monde, 30 janvier 2009 D’après Laurence Caramel, Le Monde, 30 janvier 2009
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Le 27 Mai 2010
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