Comme Apollinaire (voir texte 5), les poètes jongleurs de mots ont souvent aimé évoquer dans leur poésie la vie de ces bohèmes ou de ces saltimbanques que sont les gens du cirque. Vous avez vu qu'au Moyen Âge, le jongleur accompagnait le troubadour dans les foires et mettait ses chansons en musique. À l'époque, le jongleur n'était pas un personnage du cirque tel que nous le connaissons maintenant puisque le cirque moderne n'existait pas comme tel. C'est dans l'Antiquité que se trouvent les racines d'un cirque qui n'est devenu une institution que depuis le xixe siècle.
Quelle évolution a connu le cirque ? Et comment le monde du cirque a-t-il influencé le monde artistique ?
Quelle évolution a connu le cirque ? Et comment le monde du cirque a-t-il influencé le monde artistique ?
Ils ont des poids ronds ou carrés
Des tambours des cerceaux dorés
L'ours et le singe animaux sages
Quêtent des sous sur leur passage
Comme Apollinaire (voir texte 5), les poètes jongleurs de mots ont souvent aimé évoquer dans leur poésie la vie de ces bohèmes ou de ces saltimbanques que sont les gens du cirque. Vous avez vu qu'au Moyen Âge, le jongleur accompagnait le troubadour dans les foires et mettait ses chansons en musique. À l'époque, le jongleur n'était pas un personnage du cirque tel que nous le connaissons maintenant puisque le cirque moderne n'existait pas comme tel. C'est dans l'Antiquité que se trouvent les racines d'un cirque qui n'est devenu une institution que depuis le XIXe siècle.
Quelle évolution a connu le cirque ? Et comment le monde du cirque a-t-il influencé le monde artistique ?
Selon Juvénal, dans l'Antiquité, afin de faire plaisir au peuple, il suffisait de lui donner deux choses : « panes » et « circenses », autrement dit du « pain » (le nourrir) et des « jeux du cirque » (le divertir). Les jeux du cirque impliquaient donc un enjeu politique puisqu'ils permettaient de contrôler le peuple en le divertissant au sens premier du terme (se détourner de l'essentiel). Mais les « circenses » auxquels Juvénal faisait allusion ne sont pas les jeux du cirque selon la définition moderne du terme qui ne s'est imposée qu'au XVIIIe siècle.
Etymologiquement, le mot cirque est issu du latin circus qui signifiait cercle. Le mot a très vite pris un sens géographique, celui « d'enceinte circulaire où l'on célèbre les jeux ». La forme circulaire du lieu a donc donné son nom au spectacle moderne que nous connaissons. En outre, ce qui distingue le cirque romain du cirque moderne, c'est le combat : les Romains assistaient à la lutte sanguinaire des gladiateurs tandis que, de nos jours, seule la dimension ludique demeure. Parmi les jeux déjà présents dans l'Antiquité, il y avait : les funambules, les voltigeurs à cheval, le domptage.
A la chute de l'Empire Romain, le mot cirque disparaît de l'usage et ce pendant tout le Moyen Age. Cependant, on assiste encore à des pratiques héritées des circenses romains et on s'adonne à d'autres jeux qui demeureront dans le cirque moderne. Les joutes et les tournois offrent le spectacle d'un défi et d'un combat. Ceux-ci se déclinent cependant d'une manière différente de celle de l'Antiquité, notamment dans leurs codes qui reflètent ceux de l'époque médiévale et par la nature du combat (non mortel). D'autre part, si les gladiateurs étaient des esclaves, en revanche, ce sont des chevaliers (nobles à chevaux) qui participent à des tournois au Moyen Age. Mais c'était surtout dans les foires que l'on trouvait divers saltimbanques qui pratiquaient différents jeux encore présents dans le cirque moderne. Ils circulaient par troupes, étaient itinérants ou nomades. On y retrouve des funambules, des montreurs d'ours, des jongleurs… Ils sont donc ambulants et ne disposent plus d'un lieu circulaire où jouer.
Etrangement disparu de l'usage linguistique pendant douze siècles, le terme cirque réapparaît au XVIIIe siècle. C'est à un anglais nommé Philip Astley que l'on doit ce renouveau et cette recréation du cirque en 1768. Il avait loué un champ à proximité de Londres, y avait dressé des barrières et y produisit des spectacles équestres : la piste, élément fondamental dans l'organisation du spectacle, aurait été délimitée par le diamètre nécessité par les numéros des chevaux. Dans le cirque moderne, on trouve différents numéros indépendants qui se succèdent sans unité. Numéros de jongleurs comme dans le tableau d'Auguste Renoir, numéros équestres comme dans celui de Toulouse-Lautrec, numéros d'équilibre (funambules, trapézistes…) comme on le voit dans l'œuvre de Degas, numéros d'animaux (dressage, domptage…), numéros comiques (clowns, monstres…) etc.
C'est sous le chapiteau qu'ont lieu les jeux du cirque : sorte de tente, le chapiteau s'adapte à la forme circulaire de la piste. Les troupes de cirque sont souvent composées par les membres d'une même famille (Gruss, Zavatta, Bouglione…) et il existe désormais des écoles du cirque : le cirque est donc devenu une véritable institution dans le monde contemporain.
Jean-Léon Gérôme, Pollice Verso (Le pouce renversé), gravure sur bois, 1900, Phoenix Art Gallery akg-images/Erich Lessing
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Lautrec_at_the_circus,_horse_and_monkey_dressage_1899.jpg Wikimedia commons / Pet
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Le 27 Mai 2010
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