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Français 4e

Fiche lexique 2

Connaître les principaux phénomènes de versification

Contenu de la fiche

Un vers est une ligne de poésie qui ne correspond pas à une phrase complète ni même à une proposition mais à un certain nombre de mètres ou syllabes. On revient donc à la ligne pour des raisons de contrainte métrique, une fois que le nombre de mètres a été atteint, et non à la fin du paragraphe comme en prose. On parle d'enjambement si une phrase court sur deux vers ou plus. On parle de rejet quand la dernière partie de la phrase se termine au début du vers suivant, et de contre-rejet si la première partie de la phrase commence au vers précédent. Les rejets et contre-rejets sont utilisés par le poète comme un moyen de faire varier le rythme ou mouvement du vers et de mettre en valeur un ensemble de mots : le poète donne toujours un sens aux procédés de style.
 

Un mètre correspond à une syllabe ; cependant, contrairement à la langue parlée, chaque -e- final se prononce et représente une syllabe si le mot suivant commence par une consonne ; il ne se prononce pas lorsque le mot suivant commence par une voyelle ou lorsque le -e- est placé en fin de vers.
 

Un vers peut être pair si son nombre de mètres est pair, ou impair dans le cas contraire. Les principaux mètres pairs sont l'alexandrin ou dodécasyllabe (12 syllabes), le décasyllabe (10 syllabes), l'octosyllabe (8 syllabes) et l'hexamètre (6 syllabes). Parmi les mètres impairs, plus rares, on retiendra l'ennéasyllabe (9 syllabes), l'heptamètre (7 syllabes) et le pentamètre (5 syllabes). Si le décasyllabe a été longtemps considéré comme le vers noble, notamment au xvie siècle chez Ronsard, l'alexandrin est devenu au fil du temps le vers par excellence de la poésie française. On le reconnaît par sa césure qui le partage traditionnellement en deux hémistiches (moitiés de vers) de 6 syllabes et lui imprime sa cadence particulière. Toutefois, le tétramètre — qu'on trouve dans la tragédie classique aussi bien que dans le drame romantique — modifie le rythme de l'alexandrin en le partageant en trois temps de quatre syllabes, sans césure au milieu. La césure du décasyllabe intervient généralement après la quatrième syllabe. Quant au vers libre, qui apparaît à la fin du xixe siècle, et au verset, qu'on trouve chez Aimé Césaire, ils n'ont pas de contrainte rythmique préétablie : le poète peut tout simplement revenir à la ligne quand il le désire en produisant un effet de sens.
 

Une rime est la répétition d'un son en fin de vers. Elle peut être pauvre, moyenne ou riche, selon qu'on fait rimer respectivement un élément (une voyelle ou une consonne), deux éléments (une consonne et une voyelle) ou trois éléments (deux consonnes et une voyelle ou deux voyelles et une consonne). La poésie française est traditionnellement rimée jusqu'à la deuxième moitié du xixe siècle environ ; elle le sera de moins en moins au xxe siècle.
 

Une strophe est un groupe de vers, séparé par un blanc typographique du groupe qui le précède et de celui qui le suit, comme le paragraphe en prose, et qui s'organise suivant une disposition particulière des rimes. Quand un poète fait rimer des vers, il peut varier leur disposition dans la strophe. Une strophe monorime comporte la même rime à la fin de chaque vers : A – A – A – A. On parle de rimes suivies ou plates quand deux vers successifs riment l'un avec l'autre : A – A – B – B. C'est presque toujours le cas dans les tragédies classiques de Corneille et Racine. Les rimes sont croisées lorsqu'elles reviennent une fois tous les deux vers : A - B – A – B. Enfin, une strophe présente des rimes embrassées si elle repose sur le schéma suivant : A – B – B – A. De même qu'on distingue les vers selon leur nombre de mètres, on différencie les strophes en fonction de leur nombre de vers, de un à douze : monostiche (1 vers), distique (2 vers), tercet (3 vers), quatrain, quintil, sizain, septain, huitain, neuvain, dizain, onzain, douzain…
 

Dans la poésie médiévale, on ne parle pas de strophe mais de laisse : la laisse ne comprend pas de rimes mais des assonances ou répétitions d'un son vocalique (fondé sur une voyelle) en fin de vers. À côté de l'assonance, on trouve l'allitération ou répétition d'un son consonantique (fondé sur une consonne). Le poète peut recourir à l'assonance et à l'allitération à l'intérieur d'un vers pour créer un effet de sens particulier, comme à la fin de ce sonnet de Du Bellay :
 

Ce qui est ferme est par le temps détruit,

Et ce qui fuit au temps fait résistance.
 

Le sonnet est sans doute la plus répandue des formes poétiques fixes. Il comporte quatorze vers répartis en quatre strophes — deux quatrains, deux tercets — le plus souvent en décasyllabes (au xvie siècle) ou en alexandrins (au xixe siècle). La disposition des rimes est libre même si le sonnet français a souvent deux quatrains de rimes embrassées et deux tercets de rimes suivies, puis croisées (AAB CBC) ou embrassées (AAB CCB).

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