Le genre de la nouvelle
« La nouvelle est faite pour être lue d'un coup, en une seule fois. » (Gide)
- Il s'agit donc d'un récit court, qui va à l'essentiel. Les personnages, les événements, les lieux sont généralement peu nombreux et l'intrigue est simple. Le genre de la nouvelle se développe au XVIe siècle mais son essor véritable se produit au XIXe siècle, avec des écrivains comme Théophile Gautier, Guy de Maupassant, Edgar Allan Poe, Nicolas Gogol, ou encore Anton Tchekhov. Le développement de la nouvelle au XIXe doit beaucoup à l'essor de la presse. En effet, pour divertir leurs lecteurs et les fidéliser, les journaux publient beaucoup de romans-feuilletons (ceux de Balzac ou de Dumas par exemple ; c'est exactement le principe de nos séries télévisées actuelles) et de nouvelles (leur format court se prête bien à une publication dans un journal). Très proche du conte, la nouvelle fait souvent réfléchir sur le monde, le comportement des hommes… Mais à la différence du conte, la nouvelle est généralement ancrée dans la réalité (même la nouvelle fantastique, que vous avez vue en 4e). Ainsi, les nouvelles des XXe et XXIe siècles reflètent, mettent en scène, traduisent le monde contemporain.
La nouvelle et son rapport au monde contemporain
- L'Homme qui plantait des arbres, de Jean Giono (Textes et Images 1, 2 et 3), s'inscrit dans le monde contemporain de différentes manières. D'une part, le récit est organisé autour de deux événements traumatisants : la Première et la Seconde Guerres mondiales, auxquelles il fait plusieurs allusions. Si l'on tient compte de ce contexte, on comprend mieux l'émerveillement du narrateur face à l'œuvre d'Elzéard Bouffier : tandis que l'Europe se déchire, s'entretue, cet homme poursuit son œuvre de vie et de paix ; il crée de la vie dans un monde stérile, alors que la guerre détruit un monde vivant. D'autre part, le récit traite de questions nouvelles au XXe siècle : l'impact que l'homme peut avoir sur la nature, le développement durable et l'écologie.
- Tout à la fin du XXe siècle, Leïla Sebbar (Textes et Images 4) entremêle divers thèmes de société dans « Couchés dans les maïs » : la question du logement, de la place de la femme dans la société, de l'émancipation des jeunes générations, du décalage culturel qui oppose enfants et parents. De la grand-mère restée au village à la jeune fille couchée dans les maïs, tout un monde change en deux générations. La destruction des tours, qui suscite à la fois la nostalgie et la satisfaction des habitants de voir s'améliorer leurs conditions de vie, est symbolique de ce qui arrive aux personnages : une tour explose, une génération passe, pour un bien comme pour un mal.
- Enfin, Didier Daeninckx (brevet blanc), dans sa nouvelle intitulée « Le Reflet », montre toute l'absurdité du racisme et le poids des préjugés, source des grandes tragédies de notre Histoire et particulièrement au XXe siècle, tandis qu'Andrée Chédid (brevet en autocorrection 100 % web), dans « Arrêt sur image », interroge notre rapport à la télévision et plus précisément aux informations diffusées dans les journaux télévisés.
- Le genre de la nouvelle permet donc à un auteur de réfléchir et de faire réfléchir aux évolutions qui bouleversent son époque tout en prenant de la distance avec la réalité par le biais de la fiction.
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Le 04 Juillet 2011
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