Ta douleur, Du Périer, sera donc éternelle,
Et les tristes discours1
Que te met en l'esprit l'amitié2 paternelle
L'augmenteront toujours ? […]
Je sais de quels appas3 son enfance était pleine ;
Et n'ai pas entrepris,
Injurieux ami, de soulager ta peine
Avecque son mépris.
Mais elle était au monde où les plus belles choses
Ont le pire destin ;
Et, rose, elle a vécu ce que vivent les roses,
L'espace d'un matin.
Puis, quand ainsi serait4 que, selon ta prière,
Elle aurait obtenu
D'avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
Qu'en fût-il advenu ?
Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
Elle eût eu plus d'accueil ?
Ou qu'elle eût moins senti la poussière funeste
Et les vers du cercueil ?
Non, non, mon Du Périer, aussitôt que la Parque5
Ôte l'